Comès, d'ombre et de silence - au Musée BELvue

Comès, d'ombre et de silence
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Comès, d'ombre et de silence - © Coll. Fondation Roi Baudouin, © Casterman/Max Comes mandataire

Du 25 septembre 2020 au 3 janvier 2021, le Musée BELvue consacre une exposition à l’œuvre de Didier Comès, l’un des auteurs majeurs de la B.D. belge, maître du fantastique et du noir et blanc.

C’est en 1942 que naît Dieter Herman Comes, à Sourbrodt, petit village de la province de Liège alors annexé au IIIe Reich. La guerre terminée, l’enfant est naturalisé belge et devient Didier. Gaucher, à l’école, on l’obligera à écrire de la main droite, mais c’est toujours de la gauche qu’il dessinera !

Dessinateur industriel de formation, le passionné de jazz qu’était Comès sera, un temps, percussionniste semi-professionnel. Il sera aussi l’un des grands amis d’Hugo Pratt.

Sa carrière de scénariste et de dessinateur de bande dessinée prend son envol en 1969, avec les gags du personnage d’Herman, paraissant dans Le Soir. En 1973, dans la revue Pilote, ce seront les aventures d’Ergün l’Errant, de la science-fiction où Comès est influencé par le romancier américain Edgar Rice Burroughs mais surtout par le travail des français Philippe Druillet et Jean-Claude Mèzières. Comès est alors adepte de la couleur qui, dans son dessin hyperréaliste, acquiert une puissance métaphorique de première importance.

Puis, ce sera le basculement dans l’onirisme, avec L’ombre du Corbeau, une vision saisissante et fantastique de la Grande Guerre, dans les Ardennes.

La consécration viendra en 1979 avec la parution régulière de Silence dans la revue (À Suivre). Silence, c’est un simple d’esprit, muet de surcroît, confronté à la sorcellerie en pays d’Ardenne, un univers où le jeune homme en recherche d’identité est touchant par ses faiblesses et son rejet du mal. Un roman graphique en noir et blanc qui permettra à Comès, l’année même de son édition chez Casterman, en 1980, de recevoir le Grand prix Saint-Michel de la B.D., à Bruxelles, et le Fauve d’or du meilleur album au festival d’Angoulême, en 1981.

Bien d’autres œuvres paraîtront encore, La Belette, Eva, L’Arbre-Cœur, La Maison où rêvent les arbres, Les Larmes du Tigre, Dix de Der… avant que ne s’éteigne à l’âge de 70 ans, dans sa chère Ardenne, l’auteur majeur de la bande dessinée belge qu’était Didier Comès.

Ayant hérité du patrimoine artistique de cet auteur d’envergure, la Fondation Roi Baudouin a demandé à Thierry Bellefroid et Eric Dubois de concevoir une exposition, Comès, d’Ombre et de Silence, qui sera accessible dès ce 25 septembre au musée BELvue, à Bruxelles.

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L’occasion de (re)découvrir l’œuvre de Comès au travers de planches exclusivement muettes, accompagnées d’originaux de Corto Maltese, d’Hugo Pratt, un autre défenseur des cases muettes ainsi que de planches de celui que l’on présente comme le fils spirituel de Comès, Christophe Chabouté.

Sur le site de la Fondation Roi Baudouin, est également publié "Didier Comès. L'éclat du noir profond", à feuilleter en ligne.

En parallèle, et jusqu’au 2 mai 2021, la Maison Autrique à Schaerbeek propose l’exposition Comès à huis clos, une redécouverte de l’album Eva, paru en 1985 chez Casterman.