Christine Albanel : "Le succès du MOOC des Impressionnistes traduit l'intérêt des Français pour la culture"

13.000 inscriptions pour suivre le MOOC sur l’impressionnisme, ce score vous étonne ?

Non car il y a une forte appétence culturelle en France, une forte mobilisation autour des grandes expositions. C'est une passion nationale dont on peut être fiers. Les chiffres sont là : entre 2002-2012, nous sommes passés de 16 à 28 millions de visiteurs de musées en France. Cela traduit un engouement et veut dire qu’il y a une attente.

Comment est né ce MOOC ?

Orange a noué de longue date un partenariat avec la Réunion des musées nationaux (RMN). Chacun apporte son savoir-faire : Orange, la technologie, et notre partenaire, les contenus. Notre service recherche et développement a développé depuis plusieurs années une plate-forme baptisée Solerni. Au départ, c'était un outil interne de formation permettant de suivre à distance des cours de relations humaines. Nous l’avons mis au service du public. Gratuitement, puisque l’accès au MOOC ne coûte rien. C’est une forme de mécénat de notre part.

Orange, acteur de la culture ?

Oui, avec notre culture… technologique. Orange, ex-France Télécom, est une entreprise citoyenne. Nous souhaitons apporter des choses aux gens, contribuer à l’augmentation de la connaissance. C’est, en outre, une vitrine pour nous : nous travaillons sur des outils innovants, notre volonté est de les mettre au service du public. Nous avons ainsi réalisé le guide audio du musée du Louvre-Lens (qui constitue une première mondiale), nous avons également développé le guide numérique des Jardins et bosquets de Versailles. Une "appli" géolocalisée que l’on peut télécharger sur son smartphone. Elle conduit l’auditeur dans le parc.

Avez-vous d’autres projets pour 2015 ?

Nous ne sommes qu’au début des partenariats culturels de ce type. Le MOOC des impressionnistes est le premier du genre en France et sans doute dans le monde. Je ne connais en effet pas d’exemple similaire. Et cette approche culturelle ludique et pédagogique plaît. Beaucoup d’institutions nous sollicitent pour nouer des partenariats. Nous en avons d’ores et déjà conclu deux pour l’année prochaine. Nous ferons, toujours avec la RMN, un MOOC de l’un des événements culturels de 2015 : l’exposition Picasso au Grand Palais qui débutera en décembre. Nous en développerons également un avec la Cinémathèque autour des coulisses du cinéma français. Mais le champ des possibles est immense ! Pourquoi pas un MOOC dédié à la journée du Roi à Versailles ?

Vous allez revisiter l’Histoire de France ?

Non car les MOOC doivent être événementiels, réalisés à l’occasion de grands rendez-vous culturels. Nous n’avons pas vocation à être un Wikipedia en la matière. Nous devons nous inscrire dans le temps, donner accès à la connaissance pendant une période donnée.

Est-ce cher à réaliser ?

Nous avons dépensé environ 80.000 euros pour celui des impressionnistes. C’est un investissement pour Orange.

Ce service peut-il devenir payant un jour ?

Ce n’est pas notre démarche. C’est plutôt une vitrine. Mais ce savoir-faire pourrait peut-être intéresser des collectivités locales, nous pourrions alors envisager de vendre notre technologie.

 

AFP Relax News