Bruxelles universelle pour les 10 ans de la Centrale Electrique

Marcel Broodthaers
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Marcel Broodthaers - © RTBF Pasal Goffaux 2016

Bxl universel est une exposition présentée à la Centrale électrique à Bruxelles jusqu’au 26 mars 2017 dans le cadre du dixième anniversaire de ce centre d’art contemporain.

Bxl universel est un portrait subjectif de la capitale au travers d’un melting pot de documents d’archives, films, photos et affiches. Le folklore et les traditions, la chanson, la musique et les réjouissances publiques traduisent l’esprit bruxellois marqué par la zwanze et le surréalisme. Le théâtre de marionnettes de Toone, les Bonbons de Jacques Brel qui fleurent bon le dialecte bruxellois, les chapeaux et les poupées d’Elvis Pompilio. La danse graphique du performer Stromae et les claques de Jannin et Liberski qui s’échangent des mots d’oiseaux en Bruxellois.

Les artistes contemporains livrent leur vision singulière de Bruxelles et apportent des solutions imaginaires aux problèmes de la ville. L’expo 58 annonce la bruxellisation ou la destruction de l’architecture de la ville ancienne. L’Atomium, le symbole de l’Expo 58, fascine un paysan autrichien. Franz Gsellmann en s’inspirant d’une réplique miniature du monument construit la Weltmachine. La machine comique d’un savant fou et obsessionnel ressemble à un globe terrestre et assemble plus de deux milles pièces et des centaines d’ampoules électriques. L’ouvrage l’occupera toute sa vie.

Bxl universel est aussi un parcours d’art contemporain conçu par Carine Fol, la directrice artistique de la Centrale. Elle considère la sculpture Petit Jean de Thomas Lerooy comme un hommage à James Ensor. La commissaire de l’exposition décèle dans le bronze de Manneken Pis portant un masque de squelette doré, une citation de L’Entrée du Christ à Bruxelles. Les attentats du 22 mars 2016 imposent une autre regard plus dramatique sur cet autre symbole de Bruxelles et sur le rêve de cohabitation pacifique des communautés.

Le Vortex des Délices de Christoph Fink est une installation mobile en forme de tour qui en rotation rapide fait disparaître la ligne du temps et les références à l’espace parcourus entre l’Europe et la Palestine. Le tourniquet projette des voix et des chants, des sons de fanfares et de klaxons qui dominent l’ère de diffusion. L’impérialisme des sons circonscrit un champ d’affrontement entre la fragile liberté de l’individu et les pouvoirs politiques et religieux.

Le photographe Vincen Beeckman documente Bruxelles. Photographe par intérim, il distribue aux habitants des Marolles des appareils jetables. Les réfugiés du Petit Château et les SDF de la gare centrale livrent leur autoportrait et leur regard sur le vivre ensemble ... Vincen Beeckman collecte des photos de Bruxellois sortis de vieux albums de famille. Dans un monumental pêle-mêle, il épingle les photos personnelles - portraits d'amis et de parents et autoportraits - et les images de ses multiples projets réalisés avec la population mondiale de Bruxelles.

Le parcours rassemble des oeuvres de Charlemagne Palestine, Kendell Geers, Lise Duclaux, …

Marie-Françoise Plissart a filmé la restauration de l’Atomium et les ouvriers en action. Harnachés, ils se balancent au bout d’un fil de fer comme des acrobates et foulent les boules d’acier. Le décor les projette, hommes de l’espace, dans un film de science-fiction.

Ann Veronica Janssens a placé une caméra sur le toit de la Centrale Electrique. Le ciel est projeté en direct sur un grand écran qui referme l'exposition et l'ouvre sur l'univers.

Bxl universel constitue le premier volet d’un triptyque qui comprendra deux autres expositions, Bruxelles multiculturel en 2019 et Bruxelles, ville utopique en 2022.

Carine Fol, la schieven curatrice ou commissaire architek’ de l’exposition, est au micro de Pascal Goffaux

Elvis Pompilio, Chapeau pour l'installation !

Le cinéaste Jean Harlez, qui a réalisé Le Chantier des Gosses en 1954, regarde les images du film Atomium in/out de Marie-Françoise Plissart.

Le photographe Vincen Beeckman devant le mur d'images..