Beyrouth : une expo pour guérir les blessures par la culture après l'explosion

L'exposition "L'Art Blessé" rend hommage à la résilience de la scène artistique de Beyrouth suite aux deux explosions du 4 août dernier.
L'exposition "L'Art Blessé" rend hommage à la résilience de la scène artistique de Beyrouth suite aux deux explosions du 4 août dernier. - © Courtesy of Banque BEMO

De nombreux musées et galeries de Beyrouth ont été ravagés par l’explosion du 4 août. Alors que les efforts de reconstruction se poursuivent lentement, une nouvelle exposition tente de "soigner" l’art par le biais de l’art.

L’Art Blessé s’inspire des principes de la psychothérapie et du kintsugi, une technique de réparation japonaise qui sublime les fêlures avec de la poudre d’or. L’exposition ne regroupe pas seulement des œuvres inspirées par la double explosion, mais aussi des pièces directement touchées par les déflagrations.

C’est notamment le cas de Entangled Love de Nayla Romanos, sculpture en métal qui trônait auparavant dans l’hôtel Le Gray, fortement endommagé de par sa proximité avec le port. Ce drame a plongé l’artiste et architecte libanaise dans "un état proche du coma", selon le Guardian.

Me proposer d’exposer des œuvres d’art qui ont probablement subi la même chose que moi, ça a été la formule magique. J’avais l’impression que le sang coulait à nouveau dans mes veines


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Aider la scène artistique de Beyrouth à panser ses blessures est exactement le but recherché par Jean-Louis Mainguy, le commissaire de l’expo qui se tient actuellement à la Villa Audi, qui a fait le choix d’habiller les pièces endommagées avec des faisceaux lumineux pour leur insuffler un second souffle. Des passages issus de la littérature libanaise et des morceaux de musique viennent compléter la scénographie.

L’art est notre seule manière d’aller au-delà de ce drame, sans jamais l’oublier. Parce que l’art est notre seule et dernière planche de salut

a expliqué Jean-Louis Mainguy à L’Orient-Le Jour.