Bernard Blistène, commissaire de la rétrospective Jeff Koons : "Il y a toujours de la violence dans son oeuvre"

"One Ball" (1985)
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"One Ball" (1985) - © ©One Ball 50 50 Tank_ (Spalding Dr.JK Silver Series), 1985 © Jeff Koons

Du 26 novembre 2014 au 27 avril 2015, le Centre Pompidou accueille la première rétrospective complète consacrée à Jeff Koons en Europe. Bernard Blistène, commissaire de l'exposition, revient sur ses principales œuvres pour Relaxnews.

One Ball, 1985

"C’est sans doute la première œuvre de Koons que j’ai vue dans la "Gallery International with Monuments" à New York. Je ne soupçonnais pas que ce puisse être difficile de faire tenir un ballon en équilibre dans un aquarium. Jeff Koons a dû faire appel à plusieurs prix Nobel pour réaliser cette œuvre."

Rabbit, 1986

"C’est sans doute l’œuvre la plus célèbre et la plus médiatisée de Koons. Il a toujours dit qu’il rêvait de fabriquer des archétypes. On a sans doute là l’un des archétypes de la culture contemporaine, qui la reflète comme un miroir déformant. Il y a aussi autre chose, c’est que "Rabbit", c’est un retour joyeux à la statuaire."

Michael Jackson, 1988

"C’est, à première vue, la sculpture qui fait dire à certains que Koons flirte avec le kitsch. Mais c’est aussi un défi à la technique puisque elle est faite de fine porcelaine. C’est aussi le sujet effrayant d’un singe à visage humain ou d’un homme noir ayant cherché sa vie durant à éclaircir la couleur de sa peau. Il y a toujours, même s’il le récuse, de la violence dans l’œuvre de Koons."

Balloon Dog, 1994-2000

"C’est une des 5 versions uniques de ce gigantesque ballon en forme de chien, somme toute pas si éloigné du Rabbit des années qui précèdent, mais cette fois à une taille absolument gigantesque. C’est l’accomplissement technique et radieux de la sculpture. C’est à la fois l’objet reconnaissable par tous et pour tous. Sans doute aussi l’une des œuvres sur lesquelles Koons a le plus travaillé. Ne dit-on pas "Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage" comme une recherche de perfection perpétuelle qui caractérise Jeff Koons."

Hulk, 2004-2012

"C’est d’abord la dette de Koons à la culture populaire, à la BD. C’est aussi l’idée de la force et de l’énergie, dont il parle souvent. C’est aussi un étrange objet, affublé de claviers de pianos et de tuyaux d’orgue qui laissent échapper un son qui nous éloigne de la physionomie du personnage."

Antiquity, 2009-2011

"Dans cette peinture, on voit précisément un griffonnage. C’est l’un des enfants de Koons qui est venu griffonner la surface. Comme quoi, tant par les objets que parfois par les signes et les images qui peuplent ces travaux, la question de l’enfance est cruciale pour comprendre ses intentions."

 

AFP Relax News

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