Baudelaire >< Bruxelles

"Baudelaire >< Bruxelles" ("Baudelaire versus Bruxelles) est une exposition présentée jusqu’au 11 mars au musée de la Ville de Bruxelles, Maison du Roi, situé à la Grand-Place.

Elle brosse le portrait d’une capitale de singes. Les mots sortis du pamphlet, "Pauvre Belgique", de Charles Baudelaire vilipendent la capitale et ses habitants. Ils rythment le parcours au sein de l’exposition.

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Vue de l'exposition © Eric Danhier

Baudelaire vit à Bruxelles entre 1864 et 1866. Le monde est devenu pour lui inhabitable, à Bruxelles ou ailleurs. Il traîne dans la boue une ville qui a l’odeur du savon noir. La Senne, grande latrine à ciel ouvert n’est pas encore voûtée. Les photos de Louis Ghémar l’attestent. Les mœurs de Bruxelles s’illustrent dans des maisons closes. Thierry Bosquet réalise la maquette rutilante de l’une d’elles. Les scènes de bordel décrites par Félicien Rops, un ami du poète, ajoutent un trait incisif à ses paroles acerbes. L’aspect de la femelle belge repousse toute idée de plaisir. Les chiens attelés aux charrettes des laitiers, des boulangers et des bouchers, le poète les regarde d’un œil fraternel.

Baudelaire apprécie l’architecture baroque de la Belgique. St-Jean-Baptiste du Béguinage le subjugue. L’église St-Loup à Namur, terrible et délicieux catafalque, sera le théâtre de sa mort annoncée. Au sortir de l’édifice, il est frappé d’apoplexie. L’attaque due à la syphilis le laisse aphasique. Crénom ! Il meurt le 31 août 1867 à Paris.Isabelle Douillet-de Pange, conservatrice des Musées de la ville de Bruxelles, commissaire de l’exposition, est au micro de Pascal Goffaux.

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Costume Isabelle de Borchgrave © Musée de la Ville de Bruxelles
Léopold 1er © Musée de la Ville de Bruxelles
Vue de l'exposition © Musée de la Ville de Bruxelles

L’exposition rassemble 250 œuvres sorties en partie des collections du Musée et des Archives : des tableaux et des esquisses de Jean-Baptiste Van Moer, des photos de Charles Neyt, des coupures de presse, des registres de la police, des portraits photographiques et des objets multiples dont une collection de lorgnons qui sont de pures vitres, un effort malheureux vers l’élégance... Une silhouette grandeur nature du grand homme de lettres, petit de taille, réalisée en papier par Isabelle de Borchgrave trône au centre alors que le portrait de Léopold 1er, plus grand que nature, est relégué au fond de la salle.

Isabelle Douillet-de Pange, conservatrice des Musées de la ville de Bruxelles et commissaire de l’exposition, est au micro de Pascal Goffaux.