Avant Bruxelles, le Centre Pompidou à Paris met en lumière l'oeuvre de Stéphane Mandelbaum

Le Centre Pompidou propose au public parisien et international de découvrir, du 6 mars au 20 mai et dans sa galerie d'art graphique, le travail de Stéphane Mandelbaum (1961-1986). Ce créateur belge "hors normes" connut un destin tragique, assassiné en janvier 1987. Son corps fut découvert dans un terrain vague sur les hauteurs de Beez, dans la banlieue de Namur. Il aurait été victime d'un règlement de compte après sa participation présumée au vol d'un tableau de Modigliani, "La Dame au Camée".

Une centaine des oeuvres de l'artiste seront exposées à Paris, avant que cette exposition monographique ne rejoigne du 14 juin au 22 septembre le Musée juif de Belgique à Bruxelles.

Fils du célèbre peintre Arié Mandelbaum, Stéphane a fréquenté successivement l'Académie des beaux-arts de Watermael-Boitsfort et l'Ecole des arts plastiques et visuels d'Uccle où enseignait son père et où il s'initiera à la gravure. Il aura aussi des rapports complexes avec l'écriture et la facture classique de ses grands portraits sera "corrompue" par des écritures, des insultes et des citations qui envahissent les marges. Les images et les mots formeront ainsi un chant choral. Ses petits croquis, plus abstraits et succincts, constituent eux une sorte de journal de bord.

Multipliant les références artistiques et frayant avec l'art brut, le dessin de l'artiste apparaît étrangement contemporain dans sa capacité à transgresser les genres. Ses dessins, souvent très sombres, jouent sur tous les tableaux moraux, sexuels et identitaires. Ses vies fictives vont progressivement prendre le pas sur sa vie réelle. Il dessinera de moins de moins et fréquentera davantage, semble-t-il, les milieux liés au banditisme.