Au MoMA de New York, une exposition va mettre en lumière le processus créatif de Louise Bourgeois

L'artiste française et new-yorkaise Louise Bourgeois (1911-2010) a fait don de ses gravures au Museum of Metropolitan Art (MoMA) en 1990. Composée des gravures et des livres illustrés qu'elle possédait — en plus d'un exemplaire de chaque gravure depuis lors —, cette collection est une ressource unique pour étudier sa vision.

L'exposition présentée  du 24 septembre 2017 au 28 janvier 2018 au MoMA, à New York explore le processus créatif de l'artiste à travers des gravures et des livres. La partie imprimée de sa production prolifique n'est pas très connue, bien qu'elle comprenne environ 1.400 oeuvres, dont 300 seront exposées.

Ses livres imprimés mettent en lumière un autre aspect méconnu de ses aventures créatives: ses écrits. "Ils offrent une occasion de voir se déployer l'imagination de Louise Bourgeois", note la commissaire de l'exposition, Deborah Wye, dans un communiqué officiel: "Admirer ces objets est comparable au fait de regarder par-dessus l'épaule de l'artiste en plein travail".

Créés avec de la gouache, de l'aquarelle, des crayons et de l'encre, ils ont été principalement réalisés au début de sa carrière (elle était alors graveuse et peintre dans les années 1940), puis au cours des deux dernières décennies de sa vie, durant les années 1990 et 2000, dans son atelier de la 20e Rue, à Manhattan. De 94 à 98 ans, Louise Bourgeois réalisait des gravures à grande échelle, et l'exposition présente son installation en 16 pièces.

L'exposition replace les volumes imprimés des archives du musée dans le contexte de la pratique générale de l'artiste et de ses thèmes de prédilection. Ils sont juxtaposés avec ses sculptures, dessins et peintures, car elle considérait les différents supports avec lesquels elle travaillait de façon égale. Elle pensait qu'ils "[disaient] la même chose de façon différente". Elle était connue pour ses grandes sculptures d'araignées et ses personnages provocants, ainsi que pour les thèmes qu'elle abordait, inspirés par l'architecture, le corps, la maternité et la nature, toujours présents dans son oeuvre, en plus de son utilisation de matériaux récupérés. 

Louise Bourgeois a grandi dans une famille de restaurateurs de tapisseries, mais elle n'a introduit le tissu dans son art qu'en devenant octogénaire. Décidant qu'elle n'avait plus besoin des nombreux vêtements et tissus qu'elle avait accumulés, elle se mit à concevoir des livres en textile, notamment "Ode à l'oubli".

Une vidéo montre l'artiste avec ce livre, dont les pages ont été réalisées, en 2002, à partir de serviettes en lin monogrammées et remplies de collages de tissus provenant de ses vieux habits (des taches et brûlures de cigarette témoignant de leur histoire individuelle). Dans cette vidéo, Louise Bourgeois feuillette le livre du début à la fin, ne cessant de le tapoter et de le caresser.