Alfred Sisley, puriste parmi les impressionnistes, exposé à Aix-en-Provence

Loin de la lumière mais dévouée jusqu'au bout aux fondamentaux de l'impressionnisme, l'oeuvre du peintre Alfred Sisley (1839-1899) est exposée de samedi jusqu'au 15 octobre à l'Hôtel de Caumont à Aix-en-Provence, dévoilant de nombreux tableaux pour la première fois.

Organisée avec le Bruce Museum de Greenwich (Connecticut), cette exposition intitulée "Sisley l'impressionniste" compte une soixantaine d'oeuvres (uniquement des paysages), dont environ 25 tableaux inconnus du public, issus en partie de collections privées méconnues.

La commissaire MaryAnne Stevens, spécialiste de l'impressionnisme déjà à l'oeuvre pour deux autres expositions consacrées à Sisley en France au début des années 1990, a voulu revenir sur ce peintre pour "aborder des questions qui restaient irrésolues".

"On a fait le point sur la documentation disponible, il a laissé très peu d'archives personnelles - donc la découverte d'un ou deux documents, déjà c'est très précieux! Et ces dernières dix années, beaucoup d'oeuvres et d'archives ont émergé lors de ventes suite à des décès", explique-t-elle à l'AFP.

"Il y a dans cette exposition certains tableaux qui n'ont pas été exposés depuis des années, ainsi que 25 ou 26 tableaux inconnus. En tout, environ 40% des oeuvres viennent de collections particulières. Jusqu'à ces dernières semaines, nous avons été contactés par des particuliers qui nous ont proposé leurs oeuvres!", se réjouit-elle.

L'exposition parcourt les différentes étapes de l'oeuvre du peintre à travers ses lieux favoris et explore ses liens avec ses camarades impressionnistes.

On y trouve ainsi de très nombreux paysages de l'Ile-de-France, où ce peintre né à Paris de parents anglais vécut - Louveciennes, Marly-le-Roi, Sèvres, Veneux-Nadon, Moret-sur-Loing - ou de lieux où il séjourna brièvement - Villeneuve-la-Garenne, Argenteuil, Hampton Court, le Pays de Galles.

La part belle est également faite au procédé du "vision mapping", c'est-à-dire le fait de peindre un même lieu de nombreux points de vue, en "creusant son paysage comme un sculpteur va modeler sa sculpture", explique MaryAnne Stevens.

"Il était dévoué au paysage, il n'a jamais peint de personnages ou peint au grand format, contrairement à d'autres impressionnistes", affirme la commissaire.

"Il s'en est toujours tenu strictement aux règles de l'impressionnisme, c'est-à-dire toujours peindre dans la nature et non en atelier, comme Monet, Pissarro, Renoir qui dans les années 1880, se retiraient dans les ateliers pour finir les tableaux. Cela lui a posé d'immenses problèmes: les intempéries, le besoin de peindre vite car les nuages et le soleil bougent", précise Mme Stevens.

Resté proche des impressionnistes toute sa vie par correspondance - il ne pouvait se permettre la vie parisienne - Alfred Sisley est une personnalité "introvertie, privée, familale, il a été démuni jusqu'à sa mort, ce qui explique son oeuvre ultra-locale", tout en restant "le plus impressionniste des impressionnistes".


AFP