Afrique du Sud: le monument funéraire de la "Vénus hottentote" vandalisé

Moulage de la dépouille de Saartjie Baartman, la "Vénus hottentote"
Moulage de la dépouille de Saartjie Baartman, la "Vénus hottentote" - © FRANCOIS GUILLOT - BELGAIMAGE

Le monument funéraire de Saartjie Baartman, bête de foire de l'Europe du 19e siècle plus connue comme la "Vénus hottentote", a été vandalisé samedi, dernier attentat en date contre des statues en Afrique du Sud, a indiqué la police.

"La plaque (sur le monument) a été vandalisée avec de la peinture blanche", a indiqué à l'AFP dimanche la porte-parole de la police locale Gerda Swart.

L'incident à eu lieu samedi en fin de matinée à Hankey, dans une vallée du Cap Oriental non loin de Port Elizabeth (sud).

"Nous avons été alertés par un habitant. Il a vu un groupe de gens jeter de la peinture sur la plaque", a-t-elle expliqué en ajoutant seulement qu'une enquête avait été ouverte.

La jeune Khoïsan (Hottentote) Saartjie Baartman, née en 1789, avait été emmenée en 1810 en Angleterre par un médecin de la marine britannique. Elle y fut exhibée, ainsi qu'en France, pendant des années comme bête de foire et objet de curiosité sexuelle, à cause de sa morphologie particulière, avec postérieur saillant et organes génitaux protubérants.

Elle mourut entre misère et prostitution en 1815 à Paris, fut disséquée, et ses restes sont restés exposés jusqu'en 1974 au Musée de l'Homme à Paris: son squelette, ainsi que son cerveau et son appareil génital sont conservés dans des bocaux.

Ses restes ont été rendus par la France à l'Afrique du Sud post-apartheid et enterrés en grande pompe à Hankey en août 2002.

Plus récemment, Abdellatif Kechiche lui a consacré un film en 2010, "Venus noire".

Cet attentat est le dernier en date d'une série d'exactions menées depuis début avril contre les monuments sud-africains dans la foulée d'un mouvement des étudiants de l'Université du Cap (UCT), qui ont obtenu le retrait de la statue du colonisateur britannique Cecil Rhodes (1853-1902).

Ce sont jusqu'à présent des statues coloniales qui ont été attaquées, aspergées de peinture pour la plupart, suite à un appel des Combattants pour la liberté économique (EFF), le parti radical du jeune tribun Julius Malema, qui veut les remplacer par des monuments commémorant la lutte anti-apartheid.

Le gouvernement sud-africain a annoncé des consultations pour décider du sort des monuments hérités des anciens maîtres blancs du pays.


Belga