À l'Institut du monde arabe, l'Orient Express sifflera pendant 5 mois

A l'Institut du monde arabe, l'Orient Express sifflera pendant 5 mois
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A l'Institut du monde arabe, l'Orient Express sifflera pendant 5 mois - © PATRICK KOVARIK - AFP

En voiture ! L'Orient Express, train de luxe légendaire qui reliait les capitales européennes à Istanbul, est de retour à Paris pour un voyage immobile et plein de nostalgie où se croisent les figures d'Agatha Christie et de Mata Hari.

A partir de vendredi, l'exposition "Il était une fois l'Orient Express" permettra aux visiteurs de monter à bord de trois voitures classées monument historique, installées sur le parvis de l'Institut du monde arabe (Ima).

Une fière et rutilante locomotive à vapeur de 1922 sifflera plusieurs fois par jour. En état de marche, elle donnera même un coup de vapeur en début d'après-midi, précise Claude Mollard, commissaire de cette exposition qui se tiendra jusqu'au 31 août.

La locomotive "230 G 353" avait déjà eu son heure de gloire il y a quarante ans en tournant dans le film "Le crime de l'Orient Express" de Sidney Lumet, tiré du roman d'Agatha Christie. Mais ces derniers temps, la belle, classée monument historique, s'ennuyait ferme dans un hangar.

La préparation de l'exposition, qui a pour partenaire la SNCF, lui a redonné une nouvelle jeunesse: une équipe de bénévoles passionnés, rassemblés dans l'Association pour la préservation du patrimoine et des métiers ferroviaires (APPMF), a patiemment démonté puis remonté la bête, avant de la repeindre.

"C'est beau comme une sculpture de Calder", relève M. Mollard, qui a participé à la création du Centre Pompidou.

Ce conseiller de Jack Lang, le président de l'Ima, a imaginé une "exposition immersive". Lorsque le visiteur montera dans la voiture "Flèche d'Or" (1929), décorée par le maître verrier René Lalique, il aura l'impression que le temps s'est figé. Comme si les voyageurs venaient de quitter leur place, laissant leur journal ouvert, leurs jeux de cartes, leurs boissons.

Le visiteur passera ensuite dans une voiture-lit, plaquée d'acajou verni (1949), où il découvrira le cadavre du sombre personnage du roman d'Agatha Christie retrouvé mort poignardé sur sa couchette.

Un fondateur mort ruiné

Dans la voiture suivante, le salon-bar Train bleu (1929), aux parois incrustées de bouquets de fleurs de Lalique, le spectateur pourra reconnaître le manteau de la romancière britannique et la pipe d'Hercule Poirot. La fin du film, lorsque le détective résout l'énigme, sera projetée sur un écran.

"L'Orient Express a précédé le cinéma et va le nourrir", souligne M. Mollard. Dans "Bons baisers de Russie" (1963), James Bond (Sean Connery) arpente ses couloirs avant de se faire assommer par des espions russes.

Le train légendaire a également inspiré les écrivains (Paul Morand, Graham Greene...). Diverses célébrités l'ont emprunté à l'instar de l'espionne Mata Hari, de Lawrence d'Arabie ou de la danseuse et chanteuse Josephine Baker, rappelle l'exposition, qui se poursuit à l'intérieur du bâtiment de l'Ima.

Au sens strict, l'Orient Express roulait de Paris à Istanbul. Mais il avait des prolongements jusqu'à Ankara, Alep, Bagdad et Le Caire. Inventé par l'audacieux Georges Nagelmackers, fils d'un banquier belge, le train de luxe express fait son voyage inaugural entre Paris et Istanbul en 1883.

Fondateur de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits, mort ruiné en 1905, Nagelmackers était un "visionnaire", qui pensait que "le progrès aboutirait à une meilleure compréhension entre les hommes", souligne Jack Lang.

Concurrencé par l'avion, le train a achevé sa course en tant que ligne régulière en 1977. La marque appartient à la SNCF, qui a également acheté plusieurs voitures historiques.

Hors exposition, les gourmets, qui auront pensé à réserver, pourront prolonger l'expérience en dînant dans le luxueux wagon-restaurant (1925) réveillé par le chef cuisinier Yannick Alenno et installé lui aussi sur le parvis de l'Ima.

La SNCF, qui finance l'exposition, voudrait "réinventer de toutes pièces le train croisière de luxe de demain", d'ici à 2020, explique Frank Bernard, directeur général de la toute nouvelle filiale Orient Express de la SNCF.

 

AFP Relax News

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