Véritable "Basquiat mania" pour les maisons de vente aux enchères

Basquiat est l’un des artistes les plus appréciés des collectionneurs d’art. Si le phénomène n’est pas nouveau, il s’est récemment exacerbé suite à l’apparition de plusieurs toiles du peintre américain sur le marché. Un engouement dont Christie’s souhaite profiter en proposant à la vente "In This Case" en mai.

Cette toile monumentale est la dernière d’une série de tableaux "crânes" que Basquiat a réalisée entre 1981 et 1983. A l’époque, il jouissait d’une grande reconnaissance institutionnelle et était notamment devenu le premier artiste noir à exposer à la Biennale du Whitney Museum of American Art à New York. Des années particulièrement prolifiques dont Basquiat retiendra :

J’avais de l’argent. J’avais réalisé les meilleures peintures que j’aie jamais faites.

Le marché de l’art lui a donné raison à de nombreuses reprises. Les crânes datant de cette période sont les œuvres du peintre new-yorkais les plus convoitées aux enchères. La preuve avec "Untitled" de 1982 que le milliardaire japonais Yusaku Maezawa avait acquis pour 110,5 millions de dollars (soit 91,5 millions d’euros) chez Sotheby’s en 2017. Une somme inédite qui propulsait Basquiat dans le club très fermé des artistes ayant dépassé le seuil symbolique des 100 millions de dollars aux enchères. "Il est maintenant dans la même ligue que Francis Bacon et Pablo Picasso", avait déclaré à l’époque le marchand d’art Jeffrey Deitch au New York Times.

S’il est peu probable que "in This Case" atteigne une telle somme, il pourrait passer sous le marteau pour 50 millions de dollars durant la prochaine vente "21 st Century Evening Sale" de Christie’s. Une estimation qui refléterait également la provenance prestigieuse du tableau. Selon Artnet News, il proviendrait de la collection personnelle de l’homme d’affaires Giancarlo Giammetti, cofondateur de la maison de couture Valentino. Une information que Christie’s n’a pas confirmée bien que la toile apparaisse dans une série de clichés pris en 2013 dans l’appartement new-yorkais du magnat italien par le magazine Architectural Digest.

Basquiat VS Basquiat

Qu’il appartienne ou non à Giancarlo Giammetti, "In This Case" affrontera une autre toile majeure de Basquiat aux enchères en mai : "Versus Medici". Elle sera proposée durant la vente "Contemporary Art Evening Auction" de Sotheby’s, qui l’a estimée entre 35 millions et 50 millions de dollars (soit 29,7 millions et 42 millions d’euros). "Ce tableau est non seulement l’un des plus puissants de son œuvre, mais il constitue également un repositionnement radical de l’histoire de l’art, incarnant l’héritage durable de Basquiat en tant que véritable maître et icône qui le place fermement dans la lignée des maîtres de la Renaissance qu’il affronte dans cette œuvre", a déclaré Grégoire Billault, responsable de l’art contemporain chez Sotheby’s à New York, en amont de la vente.

Ces deux tableaux de Basquiat apparaissent sur le marché quelques semaines après que "Warrior" se soit arraché pour 41,8 millions de dollars chez Christie’s Hongkong. Cette vente a non seulement permis à Jean-Michel Basquiat de devenir l’artiste occidental le plus "bankable" sur le marché de l’art asiatique, mais a apporté une preuve supplémentaire de l’engouement grandissant des collectionneurs pour ses œuvres. A tel point que le peintre américain s’était illustré comme l’artiste contemporain le plus rentable l’année dernière, devant Banksy et Yoshitomo Nara, selon l'"Intelligence Report" d’Artnet. Tout est bien parti pour qu’il obtienne le même titre en 2021.