Une carte postale rarissime de James Ensor a été retrouvée

Le Pêcheur d’Ostende (détail)
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Le Pêcheur d’Ostende (détail) - © Bibliothèque Royale de Belgique

Le Bibliothèque Royale de Belgique a mis au jour une petite estampe rarissime de James Ensor datant du début des années 1900.

L'œuvre a été découverte fortuitement lors d’une vente publique à Bruxelles, à l’occasion de laquelle la Bibliothèque Royale de Belgique s’est également procuré des œuvres des artistes Pol Bury et Panamarenko.

Quelques jours avant la vente, cette estampe intitulée "Le Pêcheur d’Ostende" est montrée au public, sans vraiment retenir son attention : présentée dans un passe-partout épais, jauni, dans un cadre endommagé, la petite gravure n’a pas vraiment bonne mine. Mais l’expert de la Bibliothèque soupçonne qu’il s’agit vraisemblablement d’une édition originale — ce qu’on appelle un "premier état" — d’un autoportrait de James Ensor, et s’en empare.

James Ensor, peintre expressionniste déterminant dans l’avant-garde artistique belge, avait gravé cet autoportrait à la pointe sèche sur une plaque de cuivre. Au bord d’une plage, il s’est représenté "comme un vagabond en tenue hivernale" : un bonnet vissé sur la tête et un gros manteau sur les épaules. Dans sa main gauche, il tient un grand panier de pêcheur et son regard est dirigé vers le spectateur.

Après plusieurs comparaisons avec d’autres reproductions de cette même gravure, il s’est avéré qu’il s’agissait bien de la toute première édition : les autres estampes "font preuve d’une intervention approfondie sur la plaque par l’artiste lui-même", explique la Bibliothèque dans un communiqué, "le ‘deuxième état’ comprend, notamment, des parties ombrées supplémentaires".

Mais ce n’est pas tout : en débarrassant le papier des détériorations du temps, la restauratrice a fait une belle découverte. Au dos de l’estampe, est inscrit à la main "Madame Emma Lambotte, 28 Rue Louise, Anvers”.

L’estampe a donc été réalisée sur une carte postale, destinée à une écrivaine et peintre liégeoise. À la rareté de l’œuvre s’additionne une "dimension personnelle, voire intime ", d’après Maarten Bassens, chercheur auprès du Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Royale de Belgique.

Selon les recherches, Emma Lambotte aurait joué un rôle important dans la carrière artistique de James Ensor en assurant directement et indirectement le développement et la promotion de son art.