Sur les plages normandes, deux street-artistes graffent de la pop culture sur les bunkers

Sur les plages normandes, deux streets-artistes graffent de la pop culture sur les bunkers
Sur les plages normandes, deux streets-artistes graffent de la pop culture sur les bunkers - © CHARLY TRIBALLEAU - AFP

Star Wars, Dragon Ball, X-Men ou Goldorak, qui aurait cru voir un jour les héros de la Pop Culture fleurir sur le Mur de l’Atlantique ? Les fresques sont signées Baby. K et Blesea, deux jeunes street-artistes bercés aux dessins animés et films des années 80-90.

Depuis 2015, le Mur de l’Atlantique est à nouveau pris d’assaut, mais les bombes sont cette fois de peinture et de couleurs. Les bunkers abandonnés de la Seconde Guerre mondiale, dont certains se sont effondrés aux pieds des falaises et gisent sur le sable, servent de supports à l’expression artistique. Une belle reconversion pour ce patrimoine de béton mal-aimé, irrémédiablement condamné à finir sous la houle de la Manche.

Les deux artistes sont originaires de la région. D’après l’interview qu’ils ont accordée à Konbini, la première fresque signée Baby. K est apparue en 2015 sur un blockhaus transformé en vaisseau spatial tout droit sorti de la galaxie très, très lointaine de Star Wars. Par la suite, les deux hommes ont collaboré pour transformer d’autres ruines de béton en personnages colorés issus de la culture populaire.

Les vestiges du mur de défense bâti par l’armée allemande durant la guerre sont avant tout des toiles en 3 dimensions, dont les formes, coins et recoins ouvrent le champ des possibles. Et les deux graffeurs ne prennent d’ailleurs pas uniquement les bunkers pour cibles, d’autres bâtiments désaffectés ou supports en tous genres accueillent leur imagination.

Ainsi, le dragon de Dragon Ball semble maintenant boire la tasse à marée haute et Dark Vador surveille les badauds sur la plage. Ailleurs, ce sont les Daltons, les Simpsons, des Minions, Astérix, Voldemort, des pokémons, les Tortues Ninjas ou même Peppa Pig que l’on peut croiser dans un environnement urbain, et sont signés de l’un ou l’autre, voire des deux hommes (pour voir toutes leurs œuvres, rendez-vous sur leurs comptes Instagram : baby.k.graffiti et blesea_one).

Sur les bunkers, les sujets ne se sont d’ailleurs pas limités à la Pop Culture. Ainsi, sur un block de béton triangulaire, on peut voir le sévère visage du sphinx, tandis que sur une structure en ruine, les deux graffeurs ont rendu hommage au film Le jour le plus long (1962) en peignant une évocation de la scène de l’église où le corps d’un parachutiste est coincé.

Et à celle et ceux qui ne seraient pas d’accord avec ce ravalement de façade, les graffeurs rappellent que depuis une trentaine d’années, les blockhaus normands sont la cible des graffitis, et lieux de dégradations pires encore. Les fresques ainsi peintes ont le mérite de rajouter un peu de couleur au paysage souvent gris de la côte normande, et mettent en valeur, de manière originale, un patrimoine délaissé au lourd passé.