Simon Vansteenwinckel radiographie Wuhan au PhotoBrussels Festival

Le photographe belge Simon Vansteenwinckel participe au PhotoBrussels Festival qui se tient au Hangar jusque fin mars. Sous le titre The World Within, 27 photographes ont porté leur regard sur le confinement. Simon Vansteenwinckel a trouvé un moyen de s’évader grâce à Google Street View. Direction Wuhan, épicentre de la pandémie.  

8 images
Wuhan Radiography, Simon Vansteenwinckel. 2020 © Simon Vansteenwinckel

Comment traiter du confinement, de l’enfermement, sans retourner l’appareil vers soi ? C’est la question que s’est posée Simon Vansteenwinckel. Bien décidé à continuer à être curieux, à regarder et aller vers l’autre, comme il l’écrit sur son site, le photographe se tourne vers Google et son outil Google Street View qui permet de se promener (à peu près) partout sur la planète. " L’épidémie était au centre de toutes les discussions, un monstre invisible mais omniprésent. Et elle avait un nom : Wuhan, là où tout a débuté, foyer de l’épidémie, ville méconnue mais sujette à toutes les rumeurs, jetée malencontreusement au centre de l’actualité. Je savais maintenant où mon curseur allait plonger. "

8 images
Wuhan Radiography, Simon Vansteenwinckel. 2020 © Simon Vansteenwinckel

Nous avons tou.te.s déjà croisés la voiture Google surmontée d’une caméra 360° qui filme les rues pour alimenter Google Street View. La voiture n’est pas arrivée jusqu’à Wuhan ! Les photos implémentées dans la carte de la ville sont celles des utilisateur.trice.s. Des images à 360° non-floutées. Une aubaine pour le photographe.

8 images
Cihu road, Wuhan © Google

Une image fantasmée et poétique

Pour Simon Vansteenwinckel, le rôle du photographe est de proposer une interprétation du réel. Pour créer cette ambiance particulière de fin du monde, le photographe va utiliser une pellicule argentique noir et blanc très particulière, le Washi F. Un film utilisé au départ pour réaliser les radiographies d’infection pulmonaire. Il ne restait qu’à photographier l’écran. 

Si on ignore le processus, ces images créent effectivement une interrogation : est-ce que ce sont de vraies photos ? Le photographe était-il sur place ? Et à y regarder de plus près, on y trouve les " accidents " des photos 360° : des images tronquées, des surimpressions. 

8 images
Wuhan Radiography, Simon Vansteenwinckel. 2020 © Simon Vansteenwinckel
8 images
Wuhan Radiography, Simon Vansteenwinckel. 2020 © Simon Vansteenwinckel

Où sont les masques ? 

Pas d'ambulances, pas de personnages en combinaisons blanches, pas de rues vides... mais bien des individus tout sourire, des jeunes gens au bord de la rivière ou la solitude d'un repas pris en solitaire. La vie ordinaire. La vie d'avant. En choisissant 20 photos d'avant la pandémie, Simon Vansteenwinckel insuffle une vague de nostalgie dans cette radiographie personnelle, tronquée d'une ville maudite pourtant si "normale". Pour le photographe, la série Wuhan Radiography est aussi une sorte d’exorcisme, un acte salvateur, une certaine forme de résilience.

8 images
Wuhan Radiography, Simon Vansteenwinckel. 2020 © Simon Vansteenwinckel
Wuhan Radiography, Simon Vansteenwinckel. 2020 ©  Simon Vansteenwinckel

En pratique : 

Wuhan Radiography dans le cadre du PhotoBrussels Festival

Hangar - Photo Art Center

place du Châtelain, 18 - 1050 Bruxelles 

Du mardi au samedi de 12 à 18h.