"Rêves de nacre" ou la collection Ensor du Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers à Ostende

"Rêves de nacre" ou la collection Ensor du Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers à Ostende
"Rêves de nacre" ou la collection Ensor du Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers à Ostende - © Mu.Zee

L'exposition "Rêves de nacre" dédiée à la fastueuse collection Ensor (38 tableaux et quelque 650 dessins) du Musée royal des Beaux d'Anvers a été inaugurée samedi au MuZEE d'Ostende.

L'exposition, qui se poursuivra jusqu'au 16 juin de l'année prochaine, constitue un véritable festival de figures grotesques, de représentations de fêtes organisées par de joyeux drilles portant des masques, de visages féminins parfois maquillés d'une manière outrancière, de squelettes et de personnages en plein "délire" carnavalesque.

James Ensor, considéré dans la légende populaire comme un "drôle d'hurluberlu qui, à la compagnie des hommes, préférait pianoter dans le magasin de coquillages de ses parents à Ostende", était un pionnier, soucieux d'explorer systématiquement les techniques, les genres et les représentations les plus divers.

Tout au long de sa carrière, il ne cessera d'affirmer son goût pour la diversité et son besoin d'explorer les alternatives artistiques, iconographiques ou techniques.

Pour Ensor, il s'agissait de retracer le bonheur qu'il éprouvait quand il emmenait ses amis sur la digue pour leur montrer la beauté exceptionnelle de la mer. Inspiré par la nacre d'un coquillage, d'où le titre de l'exposition, il va peindre des scènes religieuses, des compositions et paysages fantastiques (le "Foudroiement des Anges rebelles"), mais aussi des natures mortes ("La Mangeuse d'huîtres") ainsi que des représentations de femmes, essentiellement des jeunes bourgeoises, qui sont souvent les personnages centraux de mascarades grotesques ("Les squelettes se disputant un pendu").

En fait, l'ensemble de l'oeuvre d'Ensor présente des aspects on ne peut plus variés. Cela va d'abord du réalisme des intérieurs bourgeois à la représentation de paysages côtiers. Par la suite interviendra une immense révolution dans son travail qui laissera libre cours à l'imagination, plus que fertile, et entraînant une utilisation débridée mais appropriée de la couleur. Il ne fait plus de doute pour personne que ce fils de mère ostendaise et de père anglais, aura marqué son époque et très largement contribué à l'émergence du Modernisme.

Cette façon nouvelle de voir les choses lui vaudra beaucoup de sympathisants mais aussi des ennemis qui refuseront l'accès de ses oeuvres à leurs expositions. Il ne bénéficiera pas de ce fait de l'appui des milieux "bien pensants". Afin de pouvoir éviter cet écueil, il rejoindra, dès 1884, le "groupe des XX", un mouvement artistique d'avant-garde. Il rencontrera toutefois une renommée certaine au même titre que les plus grands que sont Edvard Munch, Ernst Ludwig Kirschner, Emil Nolde ou encore Oskar Kokoschka, les maîtres de l'Expressionnisme.

En tout cas, James Ensor figure, avec René Magritte et Paul Delvaux, parmi les créateurs belges qui auront très largement contribué à l'éclosion de la Modernité et qui feront la renommée de la peinture belge moderne.

Avant tout, Ensor aura été un "coloriste" hors du commun, n'hésitant pas à contraster couleurs et tonalités et il utilisera, de surcroît, la lumière comme un élément pétri d'émotions et d'expression.

Dans ses manifestations les plus grotesques il fera appel au masque comme pour laisser libre cours à son "expressionnisme démasqué", laissant ainsi libre cours au peu d'estime qu'il portait à une "Humanité porteuse de dérision".L'exposition est accessible au public du mardi au dimanche de 11h00 à 18h00. Le MuZEE est situé Romestraat, 11, à Ostende.