La sculptrice Colombienne Doris Salcedo reçoit un prix doté d'un million de dollars

L'artiste colombienne Doris Salcedo, connue pour ses sculptures, a été récompensée jeudi du premier Nomura Art Award, le prix le plus richement doté du domaine des arts visuels contemporains.
L'artiste colombienne Doris Salcedo, connue pour ses sculptures, a été récompensée jeudi du premier Nomura Art Award, le prix le plus richement doté du domaine des arts visuels contemporains. - © J.J. GUILLEN - BELGAIMAGE

L’artiste colombienne Doris Salcedo, connue pour ses sculptures, notamment son monument constitué d’armes fondues des ex-guérilleros des Farc, a été récompensée jeudi du premier Nomura Art Award, le prix le plus richement doté du domaine des arts visuels contemporains. Le prix, assorti d’une récompense d’un million de dollars, lui a été remis lors d’une cérémonie à Shanghai (Chine). Il doit lui permettre "de relever de nouveaux défis et d’explorer de nouvelles voies créatives", indique la holding financière japonaise dans un communiqué.

"Réaliser des projets qui honorent la mémoire des victimes de violence implique un grand investissement en temps et en organisation, et l’aide parfois de nombreux collaborateurs. Ce prix me permettra d’avancer beaucoup plus rapidement dans un projet qui me tient particulièrement à cœur", a réagi la sculptrice née en 1958 à Bogota. Elle travaille depuis 1999 sur une série "Acts of Mourning" ("actes de deuil"), composées d’œuvres monumentales éphémères évoquant la douleur causée par le conflit en Colombie.

Son œuvre la plus récente, "Quebrantos" ("Brisés"), a été réalisée en juin en mémoire des défenseurs des droits assassinés. Il s’agit d’une installation de verre brisé. Les noms de 165 défenseurs des droits tués ont été transcrits en lettres géantes sur des pavés, à l’aide de pochoirs. Puis ils ont été recouverts de verre que des militants ont ensuite piétiné. Elle souhaite désormais poursuivre cette série en dehors de Bogota.

Célébré et exposé à travers le monde, le travail de Doris Salcedo renvoie souvent à des événements de l’histoire de son pays. Réagissant au résultat négatif du référendum sur l’approbation des accords de paix destinés à mettre fin à près de 60 ans de guerre civile, elle avait ainsi créé une œuvre prenant la forme d’une bannière de 7 000 mètres de long – sorte de linceul – sur laquelle étaient inscrits à la cendre les noms de victimes de la guerre civile.