La nouvelle exposition du MIMA donne carte blanche à l'artiste numérique Félix Luque Sanchez

La technologie peut-elle nous sauver du désastre environnemental annoncé ? La société post-carbone reste à inventer. Avec Verisimilitude, Félix Luque Sanchez nous emmène dans une fiction d'anticipation où la voiture carburant aux énergies fossiles est envoyée à la casse !

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Verisimilitude, Félix Luque Sanchez © Mima

Tout l'espace du musée est occupé par le bruxellois Félix Luque Sanchez et ses deux collaborateurs qui créent des oeuvres techno-poétiques qui interrogent le futur en mettant en perspective le présent. Tout commence par une histoire : 8 minutes de cinéma qui raconte l'escapade de 4 survivalistes dans un monde post-carbone. Ils explorent un cimetière de voitures, trouvent un fond de réservoir et ne résistent pas à un dernier petit tour. Une madeleine de Proust à la Super 95. Mais ensuite ils détruiront cet objet du désastre. Les images réalistes sont mixées avec les data d'un scanner laser 3D qui donnent cette impression d'archéologie du présent

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Verisimilitude, Félix Luque Sanchez © Mima
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© Xavier Ess - RTBF
Verisimilitude, Félix Luque Sanchez © Mima

Tatouage d'épave 

A partir de ce scénario de départ, l'exposition se décline comme les chapitres d'un même récit. Les épaves des voitures - vestiges archéologiques d'un passé récent- se retrouvent dans le musée pour une séance de tatouage de carrosserie. Les schémas de cette vieille technologie sont imprimés sur la peau de métal. Un clin d'oeil au passé et aussi une mise en garde contre l'invisibilité des technologies immatérielles actuelles. Les algorithmes nous manipulent depuis des serveurs bien gardés... quelque part.

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Verisimilitude, Félix Luque Sanchez © Mima

The Material Culture of Mobility

Sous ce titre, les artistes expérimentent avec les technologies pour détourner certains objets fétiches de cette culture de la mobilité. Ce sont des barbelés aux pointes en forme d'échangeur d'autoroute, des pneus scannés en 3D et reproduits en céramique, avec une précision bien supérieure au moulage.

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Verisimilitude, Félix Luque Sanchez © Xavier Ess - RTBF
Verisimilitude, Félix Luque Sanchez © Xavier Ess - RTBF

Esthétique et techno-poésie

Les installations et objets créés par Félix Luque Sanchez sont élégants comme les dénomme le co-curateur Raphaël Cruyt. L'artiste expérimente aussi avec la technologie jusqu'à en confectionner un langage qui touche à la poésie, aux affects. Sans discours. Ce sont des néons qui réagissent aux sons des spectateurs - des traces de vie - pour évoquer une forêt morte de ses Asturies natales. Les reliefs d'une plage passés au scanner eux aussi. Un rocher qui semble flotter dans l'air... ou un couple de robots qui écrivent et effacent le signe de l'infini ad vitam eternam. 

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Verisimilitude, Félix Luque Sanchez © Mima
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Verisimilitude, Félix Luque Sanchez © Mima

Le MIMA fait le pari de l'art numérique et c'est une première pour ce Musée de l'Image Iconoclaste plutôt orienté art urbain. Le Mima attire le "grand" public, les familles, les enfants. Les fresques monumentales, la surenchère de couleurs, les représentations inspirées des comics et de la pop culture sont dans son ADN. Loin de la froideur des machines. Ici, un ensemble cohérent d'oeuvres déclinées autour d'un même récit et la simplicité du discours sur la nature de la technologie, fascinante et inquiétante à la fois, devraient permettre au plus grand nombre d'apprécier l'expérience. Et sortir les arts numériques de leur public de niche. On attend toujours une grande exposition d'arts numériques dans une de nos institutions culturelles. 

En pratique : 

Verisimilitude au MIMA

Félix Luque Sanchez en collaboration avec Damien Gemay et InigoBilbao Lopategui

Du 31 janvier au 30 mai 2021

39-41 Quai du Hainaut, 1080 Molenbeek-Saint-Jean.

Ouvert du mercredi au dimanche. 

http://www.mimamuseum.eu/exhibitions/ 

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Verisimilitude, Félix Luque Sanchez © Xavier Ess - RTBF