La française Laure Prouvost présente à Venise son univers liquide

Née à Lille mais formée en Grande-Bretagne, l'artiste française propose une oeuvre multi-disciplinaire pleine d'imagination sous le titre énigmatique "Vois ce bleu profond te fondre".
Née à Lille mais formée en Grande-Bretagne, l'artiste française propose une oeuvre multi-disciplinaire pleine d'imagination sous le titre énigmatique "Vois ce bleu profond te fondre". - © Image Courtesy of the Institut Français

L’univers liquide et tentaculaire de l’artiste française Laure Prouvost, entre réalisme et imaginaire, visions apocalyptiques et esthétiques, est l’un des temps forts de l’édition 2019 de la Biennale d’art contemporain de Venise, qui s’est ouvert ce week-end.

Placé sous le thème « May you live in interesting times » (Puissiez-vous vivre une époque intéressante), cette 58ème édition de l’un des grands rendez-vous internationaux de l’art contemporain fait cette année la part belle aux femmes.

L’aventure visuelle que propose Laure Prouvost, 41 ans, est un voyage entre installations, vidéos et performances, tout au long d’un parcours où l’eau, comme dans la lagune environnante, est omniprésente. Pour y parvenir, il faut d’abord franchir une petite porte latérale du pavillon français, dont la façade est intacte depuis sa création en 1912.

Née à Lille mais formée en Grande-Bretagne, l’artiste française propose une œuvre multidisciplinaire pleine d’imagination sous le titre énigmatique « Vois ce bleu profond te fondre ».

- Coquilles d’œuf -

Après avoir escaladé les marches qui le conduisent au second étage du pavillon, le visiteur chemine à travers ce qui semble être une mer qui se serait retirée, laissant derrière elle des poulpes, des restes de téléphone portable, des coquilles d’œuf, des sacs en plastique, des méduses mortes et où déambulent des pigeons bien vivants. Un peu comme à Venise après l’acqua alta (la montée des eaux), source d’inspiration pour l’artiste française.

Prix Turner en 2013, Laure Prouvost, ne s’arrête pas là et revient sur son voyage depuis Croix dans le nord de la France jusqu’à Venise dans un film où des personnages de tous âges, origines ethniques ou professions se racontent.

Dans une troisième salle, deux acteurs dansent, s’enveloppent de toiles transparentes et jouent avec le public et avec les reflets bleus d’une lampe en verre de Venise. Autant d’espaces qui lui permettent de mélanger l’imaginaire au réel, de jouer avec différents langages et personnages mais aussi avec le public.

« C’est une œuvre qu’il faut vivre. Elle est directe, physique », a-t-elle expliqué dans un entretien avec l’AFP.

« C’est un voyage dans l’inconscient, mais aussi physique, qui évoque là d’où on vient mais aussi là où on va », ajoute-t-elle.

Reconnue au niveau international, l’artiste a déjà réalisé d’importantes expositions à Miami, Los Angeles, Istanbul, Lucerne, Milan, Pékin, New York ou Munich. En juin, elle sera à Paris, au Palais de Tokyo, qui l’accueillera pour une exposition intitulée : « Ring, Sing and Drink for Trespassing ».

Sa prochaine exposition au Palais de Tokyo à Paris