L'oeuvre d'Egon Schiele mise en ligne

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1918 Crayon lithograph in one color, pulled by Albert Berger press, Vienna. Image: 8 1/4 x 14 3/4” (21 1 x 37.3 cm).
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Girl Mädchen 1918 Crayon lithograph in one color, pulled by Albert Berger press, Vienna. Image: 8 1/4 x 14 3/4” (21 1 x 37.3 cm). - © Tous droits réservés

A l’occasion du centenaire de la mort du peintre autrichien, le Kallir Research Institute a débuté une base de données en ligne composée des oeuvres d’Egon Schiele. 

 

Né le 12 juin 1890 à Tulln an der Donau près de Vienne d’un père chef de gare et d’une mère au foyer, le jeune Egon grandit auprès de ses deux soeurs. Il découvre très tôt le dessin et s’y attèle plus intensément à la mort de son père, évènement marquant dans son oeuvre. Alors que son oncle tente de lui faire prendre le même chemin professionnel que son père, sa mère le laisse suivre un cursus artistique aux Beaux-Arts de Vienne. Là-bas, il s’exerce à la peinture et supporte mal le traditionalisme des professeurs. Il quittera l’école pour fonder le mouvement “Neukunstgruppe” avec ses amis de l'Académie Anton Peschka, Anton Faistauer, Anton Kolig, Robin Christian Andersen, Franz Wiegele. A 17 ans, Schiele rencontre celui qui deviendra son modèle à suivre, Gustav Klimt, dont l’oeuvre l’inspira énormément. Egon participe à sa première exposition en 1909 et commence à se faire des contacts dans le petit monde artistique viennois. Il se détache avec du “Jugendstil” allemand et rallie le “Sema” de Munich, un groupe artistique plus proche de son essence. Après avoir été rejeté d’un village à cause de son oeuvre très axée sur l’érotisme, il s’installe successivement près de Vienne puis dans les alpes italiennes. Il reviendra ensuite sur la Heitzingerstrasse, où plusieurs mécènes reconnaîtront son talent. Alors que Klimt devait organiser une grande exposition sur la Sécession viennoise, il décède. Egon Schiele se charge alors de l’exposition où ses oeuvres sont largement représentées. Le tout Vienne passe alors des commandes au jeune peintre viennois. Alors que la gloire commence à pointer le bout de son nez, Egon Schiele décède de la grippe espagnole, âgé de seulement 28 ans. 

 

 

Du style Schiele, le monde retiendra sa capacité incroyable à faire ressortir l’âme humaine. Ses portraits et auto-portraits décharnés, ses oeuvres érotiques laissent transparaître la face morbide du monde, et témoignent de la vision d’Egon Schiele. Lui qui sera marqué par la perte de sa soeur et de son père alors qu’il n’était qu’un enfant a toujours eu ce côté sombre en lui. Il est aujourd’hui reconnu comme l’un des plus grands portraitistes du XXe siècle. Il laisse derrière lui un héritage composé de 400 peintures, 3.000 aquarelles et dessins, 21 carnets de croquis, 17 graphiques et 4 sculptures. 

 

Jane Kallir, de la Galerie St Etienne à New York a conçu un catalogue raisonné de l’oeuvre de Schiele qu’elle a souhaité mettre en ligne plutôt que de le publier sur du papier. Epaulée par un institut de recherche, le travail gigantesque de la galeriste est disponible petit à petit sur le site de l’institut. Jane Kallir s’est servi du travail de son grand-père Otto qui avait écrit le premier catalogue des oeuvres de Schiele en 1930. 

 

Pour l’instant, le projet compte 419 oeuvres de Schiele, axé essentiellement sur les peintures. Plus d'aquarelles et dessins seront ajoutés en 2019. Cette base de données exceptionnelle constitue une chance pour les chercheurs, historiens de l’art, professeurs et tout autre amateur d’art qui pourront télécharger en haute résolution beaucoup d’oeuvres du peintre viennois et en apprendre davantage sur sa technique.

 

Le projet est accessible sur le site du Kallir Research Institute.