"Du Douanier Rousseau à Séraphine", sur les traces des peintres naïfs

L'Exposition "Du Douanier Rousseau à Séraphine" au Musée Maillol.
L'Exposition "Du Douanier Rousseau à Séraphine" au Musée Maillol. - © Courtesy of Musée Maillol

On les a appelés les primitifs modernes, les peintres du cœur sacré et les naïfs. C'est finalement cette dernière appellation qui a été retenue par le musée Maillol, à Paris, pour présenter le travail de ces peintres souvent méconnus et négligés par l'histoire de l'art de l'entre-deux-guerres. "'Autodidactes' serait peut-être plus précis", estime Jeanne-Bathilde Lacourt, co-commissaire de l'exposition, à propos de ces artistes, issus pour la plupart de milieux populaires, qui sont apparus à la retraite ou ont été découverts lors de foires, à Montmartre notamment. "Ce sont les premiers peintres du dimanche", résume-t-elle, mais en même temps, ils sont animés par une grande "nécessité intérieure" sur le plan artistique.

Le plus connu d'entre eux est sans conteste Henri Rousseau, dit Le Douanier Rousseau (1844-1910). Au lieu de se consacrer quasi exclusivement à cet artiste, le musée choisit de faire découvrir la génération suivante, avec des artistes nés entre 1860 et 1900. Parmi eux, Ferdinand Desnos, le cousin du poète Robert Desnos, mais aussi André Bauchant, Jean Eve, Dominique Peyronnet, ou encore Séraphine Louis, la Séraphine incarnée à l'écran par Yolande Moreau, dans le film du même nom qui a remporté sept César en 2009. "On connaît seulement une trentaine de tableaux de Peyronnet. Une douzaine est exposée au musée Maillol", se réjouit le co-commissaire Alex Susanna. Dont des tableaux marins, très impressionnants, comparables à des superpositions de drapés.

Portraits, natures mortes, paysages de jungle ou paysages urbains... Une centaine d'œuvres de ces "grands maîtres naïfs", défendus par le collectionneur et critique d'art Wilhelm Uhde (1874-1947), sont exposées à partir de mercredi (jusqu'au 19 janvier 2020). Parmi elles, les portraits-paysages de Ferdinand Desnos ou Jean Eve, ainsi que les bouquets colorés de Séraphine Louis, domestique fascinée par les vitraux de la cathédrale de Senlis, qui peignait des compositions végétales foisonnantes.

C'est l'occasion de redécouvrir la "vision intérieure très puissante" de ces artistes qui n'ont de naïfs que le nom.