"DDD": Degas vu par Valéry au musée d'Orsay

Orsay a acquis récemment un des rares exemplaires du livre, illustré d'oeuvres de l'artiste (1834 - 1917).
Orsay a acquis récemment un des rares exemplaires du livre, illustré d'oeuvres de l'artiste (1834 - 1917). - © sokolovski / Shutterstock

"Degas Danse Dessin" ou DDD : cet ouvrage méconnu de Paul Valéry consacré à son ami Edgar Degas sert de fil rouge à une exposition au musée d'Orsay, mettant subtilement en résonance textes du poète et oeuvres de l'artiste.

 

Collector

Edité en 1936 par le marchand Ambroise Vollard, "DDD" est aujourd'hui un ouvrage recherché, inclassable, mais toujours cité dans les essais sur le peintre. Le projet des deux commissaires, Leila Jarboual et Marine Kisiel, est de montrer comment les oeuvres  de Degas sont éclairées par les textes de Valéry. 

 

Orsay a acquis récemment un des rares exemplaires du livre, illustré d'oeuvres de l'artiste (1834 - 1917). Un must pour un musée qui possède l'une des plus belles collections d'oeuvres d'Edgar Degas - dont on a commémoré cette année le centenaire de la mort - peintures, sculptures, plusieurs centaines de dessins, photographies.

 

'Fou du dessin'

Valéry qualifie Degas de "fou du dessin", en référence au surnom du Japonais Hokusaï (le vieux fou du dessin).

 

De fait un "nombre vertigineux" de feuilles furent retrouvées lors des ventes de son atelier en 1918 et 1919. Jeune, il fait de multiples  copies des grands maîtres, notamment lors de ses voyages en Italie.   

 

Sa virtuosité est stupéfiante comme en témoigne les plis du vêtement d'"Epaules et bras drapés d'une figure de dos", où il associe aquarelle, graphite et rehauts de gouache blanche.

 

Pour Valéry, il est à la fois "travaillé par un souci aigu de vérité" et "possédé d'un génie rigoureusement classique".  

 

Mouvement 

L'univers de la danse est au coeur de l'oeuvre de Degas. Il y trouve à la fois la vérité des corps qu'il a toujours recherchée et l'objet d'une réflexion sur le mouvement. L'exposition associe des figures de danseuses en bronze, qui donnent l'impression d'un geste décomposé. Elle met en regard des toiles célèbres du peintre, comme l'extraordinaire "Danseuses montant un escalier" aux grandes zones vides. "Degas est l'un des rares peintres qui ait donné au sol son importance. Il a des planchers admirables", écrit Valéry

 

'Nerveusement nu'

Autre sujet favori de Degas, le cheval qu'il décrit dans un vers comme "tout nerveusement nu dans sa robe de soie". Pour Valéry, le cheval a les mêmes qualités qu'une ballerine : "nul animal ne tient de la première danseuse, de l'étoile du corps de ballet comme un pur-sang  en parfait équilibre".    

 

Quant à la fascination du peintre pour le cheval de course, Valéry l'explique par "un thème rare (...) Où trouver quelque chose de pur dans la réalité moderne ?