Bordeaux rend hommage à Redon, le peintre symboliste natif de la ville

La nature silencieuse. Paysages d'Odilon Redon
La nature silencieuse. Paysages d'Odilon Redon - © DR

Le Musée des Beaux-Arts de Bordeaux dévoile à partir de vendredi et jusqu'au 26 mars 2017 "La nature silencieuse", une exposition sur les paysages oniriques saisis par le pinceau d'un peintre natif de la ville, Odilon Redon.

A l'occasion du centième anniversaire de sa mort, Bordeaux rend un nouvel hommage à son peintre, onze ans après l'exposition "Odilon Redon, Pastels et noirs", présentée également à la galerie des Beaux-Arts en 2005, et 31 ans après la dernière rétrospective dédié à Redon dans sa ville natale.

Le paysage constitue la part la plus intime et la plus méconnue de son travail. Il fut pourtant l'une des sources essentielles de l'inspiration onirique de l'artiste.

Une enfance bourgeoise, rêveuse et solitaire passée dans la propriété familiale de Peyrelebade, au coeur du Médoc, marque profondément et durablement son oeuvre. L'isolement de la campagne éveille chez cet enfant timide et de santé délicate des rêveries fantasmagoriques.

"Tout mon art est limité aux seules ressources du clair-obscur", écrivait en 1894 dans des "confidences d'artistes", cette figure du symbolisme.

C'est dans cette nature sauvage tour à tour austère et radieuse, selon les saisons, qu'il puise l'inspiration du trait, de la lumière, et des couleurs de toiles comme la "Maison de Peyrelebade" (1895-97), ou encore "l'automne en Médoc" (1897).

"La nature silencieuse" est une exposition coproduite avec le musée des Beaux-Arts de Quimper (Finistère) à partir de prêts issus essentiellement des collections bordelaises et du musée d'Orsay à Paris.

Le paysage médocain, entre landes et marécages, fait écho au paysage breton que l'artiste découvrit dans les années 1870-80 à l'occasion de ses séjours dans le Finistère et le Morbihan et qui lui inspira, entre autres huiles sur toiles, le "Moulin en Bretagne" (1875-85).

À Bordeaux, l'exposition Redon sera accompagnée d'un colloque international organisé par l'Université Bordeaux-Montaigne en partenariat avec le musée et l'Association du Musée d'Art Gustave-Fayet, à Fontfroide, près de Narbonne (Aude).

Le peintre bordelais fit de nombreux séjours à l'Abbaye de Fontfroide dont il décora la bibliothèque à la demande du propriétaire des lieux, son ami Fayet.