Au Louvre, l'artiste et sa signature au fil des siècles

Albrecht Dürer, Portrait de l'artiste tenant un chardon, 1493.
Albrecht Dürer, Portrait de l'artiste tenant un chardon, 1493. - © Courtesy of Musée du Louvre (teaser sur YouTube)

À l'origine, l'artiste ne signait pas son œuvre. Le sens de la signature a constamment évolué au fil du temps. C'est cette histoire complexe que raconte l'exposition "Figure d'Artiste" au Louvre, à l'appui des œuvres des plus grands maîtres. C'est une nouvelle exposition didactique, accessible à tous les publics, selon le vœu formulé par le président-directeur du Louvre, Jean-Luc Martinez. Elle ouvre mercredi ses portes dans la "Petite Galerie", jouxtant le parcours encombré qui conduit à la Joconde.

De l'Antiquité à la fin du Moyen Âge, l'artiste n'était pas distingué de l'artisan et restait le plus souvent un exécutant sans identité. Mais certains sortaient de l'anonymat, laissant figurer leur nom au bas d'une statue ou d'un vase. La signature faisait alors souvent référence à la notoriété d'un atelier. C'est le développement d'un marché de l'art qui entraîne l'essor du recours à la signature comme faire-valoir.

Un basculement à la Renaissance

C'est la Renaissance qui marquera le basculement vers la personnalisation de l'œuvre. Au point que certains artistes feront leurs auto-portraits, parfois même dans un reflet discret. Une salle en rassemble certains qui sont éminents : un génial et minuscule autoportrait de Fouquet sur un médaillon côtoie "Albrecht Dürer au chardon" par lui-même. Le portrait de Rembrandt au chevalet est aux côtés d'un autoportrait sans concession sur lui-même de Poussin, un autre sûr de lui de Delacroix, et celui, tendre, de Madame Vigée-Lebrun et sa fille... C'est le mérite de la "petite galerie" de mettre côte à côte le temps d'une exposition des chefs d'œuvre de différentes galeries parfois peu visitées.

L'histoire de l'art s'empare souvent des figures d'artistes, pour raconter des destins presque mythiques sur lesquels le lecteur est invité à méditer. Vient ensuite à partir du XVIIe siècles la naissance des Académies et des Salons, où les femmes seront peu à peu admises, mais pas pour reproduire les modèles vivants masculins.

Un dernier tableau plein d'humour, "Fermeture du Louvre" de François Biard ferme l'exposition, montrant la révolution qu'a été la venue du peuple au musée au XIXe : une belle cohue dans une galerie, avec des figures truculentes.

Cette exposition, visible jusqu'au 29 juin 2020, accompagne un cycle prestigieux d'expositions jusqu'en 2020 : Vinci, Donatello, Michel-Ange et Altdorfer.