7 choses à savoir sur Christo, le roi de l'empaquetage XXL, qui nous a quittés ce week-end…

Christo nous a quittés le dimanche 31 mai
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Christo nous a quittés le dimanche 31 mai - © VALERY HACHE - AFP

L’artiste-plasticien Christo, célèbre pour ses réalisations monumentales consistant notamment à emballer des monuments comme le Pont-Neuf à Paris et le Reichstag de Berlin, est mort dimanche 31 mai, à l’âge de 84 ans, ont indiqué ses collaborateurs sur son compte Facebook officiel.

L’artiste, né Christo Vladimirov Javacheff, en Bulgarie, "est décédé de causes naturelles le 31 mai 2020 à son domicile à New York", selon un message posté par son "bureau" sur sa page Facebook.

Star internationale de l’art contemporain, qui doit sa notoriété à ses prodigieux empaquetages de monuments, l’artiste américain d’origine bulgare Christo devait revenir dans la capitale française pour frapper un grand coup : emballer l’Arc de Triomphe, l’un des monuments parisiens les plus visités.

Mais qui était au juste cet intrigant artiste qui se plaisait à empaqueter les édifices les plus monumentaux de la planète ?

Un couple : Derrière la signature Christo, il n’y avait pas seulement Christo Vladimiroff Javacheff, qui a fui la Bulgarie communiste, mais aussi son épouse Jeanne-Claude, décédée en 2009. Jeanne-Claude Denat de Guillebon était née à Casablanca (Maroc) dans une famille de militaires français. Tous les deux étaient nés le même jour, le 15 juin 1935. Ils se rencontrèrent en 1958 à Paris et travaillèrent 51 ans ensemble.

Deux œuvres emblématiques : le Pont-Neuf à Paris, en 1985 et Le Reichstag à Berlin, en 1995, qui attira plus de cinq millions de visiteurs.

1997, Christo ne veut plus rien emballer : Avec son épouse, il s’intéresse désormais à d’autres projets, qui peuvent mettre en valeur des lieux, naturels ou urbains, sans l’idée d’empaquetage. Les deux artistes travaillent sur deux nouveaux projets, l’un dans Central Park à New York ("The Gates") et l’autre sur une rivière ("Over the River").

Des projets autofinancés : Christo financera lui-même ses projets grâce à la vente de dessins et d’esquisses. Il devait en être de même pour celui de l’Arc de Triomphe. Tout devait être entièrement financé par l’artiste lui-même sans le moindre euro versé par un financement public.

Goût pour le cylindrique : En 2016, Christo investit la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence avec mille barils de pétrole empilés forment un mastaba – un édifice quadrangulaire né il y a 7000 ans en Mésopotamie. L’artiste s’intéressait déjà aux formes cylindriques en réalisant dans les années 50 de petites sculptures avec des canettes, peintes ou emballées. Ce mastaba apparaît alors comme une étape vers un autre projet plus démesuré : un mastaba permanent 400 fois plus gros que celui exposé à la Fondation Maeght : 150 mètres de haut, 300 mètres de large, 225 mètres de profondeur à Abou Dhabi. Une œuvre qui devait être payée par les Émirats arabes.

Un projet annulé : En 2017, l’artiste fait le choix d’abandonner son projet de suspendre une rivière de tissu argentée au-dessus du fleuve Arkansas, citant le "nouveau propriétaire" de la Maison-Blanche, Donald Trump. "J’utilise mon propre argent, mon propre travail et mes propres plans car je veux être totalement libre. Et maintenant ici, le gouvernement fédéral est notre propriétaire", "Je ne peux pas faire un projet pour le bénéfice de ce propriétaire", aurait-il déclaré. Le projet avait démarré en 1992.

L’œuvre temporaire à Paris intitulée L’Arc de Triomphe empaqueté (Projet pour Paris, Place de l’Étoile-Charles de Gaulle) : 25.000 mètres carrés de tissu recyclable de couleur argent bleuté et 7000 mètres de corde rouge. L’installation devait être visible pendant 14 jours, du 6 au 19 avril 2020.

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