Violette autour du monde

Violette autour du monde
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Violette autour du monde - © Dargaud

L’héroïne de cette série, une jeune fille de douze ans, évolue dans un lieu magique : le Cirque de la Lune. Un cirque à découvrir, par toutes, par tous, et par tous les âges !

Entourée de personnages tous plus singuliers les uns que les autres, née dans une famille pour le moins originale, cette héroïne, Violette, pose sur le monde qui l’entoure le regard de l’émerveillement, toujours. Résolument, même ! Et les voyages de son cirque sont aussi ceux de ses rêves, de ses attentes. De ses rencontres, finalement, des rencontres qui ne feront jamais qu’accentuer son sens du bonheur !

1. Ma tête dans les nuages

Le Cirque de la lune est à Paris. Et comme à chaque arrêt prolongé dans une ville, Violette se voit dans l’obligation d’aller à l’école. Il faut dire que son père, Konrad, est un entomologiste qui est devenu dompteur d’insectes par amour pour la mère de Violette, Amélie, la femme-canon du cirque. Et pour ce père, l’éducation est essentielle !

Mais voilà, Violette, dans la classe, est bien plus intéressée par un oiseau que Prévert n’aurait pas renié que par le contenu des cours qui lui sont donnés. Il en résulte, pour elle, une terrible punition : écrire une composition intitulée " Ma tête dans les nuages ".

Et pour ce faire, elle se contente, en quelque sorte, de vivre, de regarder autour d’elle, de rencontrer les gens. C’est ainsi qu’elle croise le chemin du peintre Toulouse-Lautrec, et qu’elle découvre, avec lui, que, " en somme, à bien y regarder, le monde est rempli de trésors ".

Violette est une héroïne comme on n’en fait plus : souriante, toujours en recherche de bonheur à partager, amoureuse de la poésie, celle qui n’a pas toujours besoin de rimes pour exister, mais qui peut se contenter de regards.

Et cet album, qui peut (et doit !) se lire par tout un chacun, par toutes les générations, tous les publics, est un hymne à la joie de vivre, à la beauté qui se laisse découvrir, à l’humour. A la culture aussi, puisque l’environnement dans lequel vit Violette est réel : Jane Avril, Toulouse Lautrec, Bruant sont des personnages historiques qui, en quelque sorte, ponctuent le récit par les arts qui étaient les leurs.

2. La Symphonie du Nouveau Monde

Le Cirque de la lune a traversé les Océans et se retrouve sur le nouveau continent. Entre New York et le Canada, deux voyageurs clandestins vont accompagner le voyage de Violette, de sa mère Amélie, de Samir et Sindbad, d’Arsène aussi, le directeur ronchon de ce petit cirque étonnant.

Le premier de ces clandestins est un indien, Hiawatha, qui fuit sa réserve et un pays, les Etats-Unis, où les minorités sont pour le moins mal considérées. Et le second de ces clandestins l’est par hasard : il s’agit du directeur du conservatoire de New-York, le compositeur Dvorak.

L’histoire est simple : c’est celle d’un passage d’un lieu à un autre, c’est celle du domptage d’un cheval grâce à la musique, c’est celle de la création artistique, c’est celle de tout ce qui peut inspirer une œuvre comme l’inoubliable " Symphonie du Nouveau Monde ". C'est celle du partage, de l'essence de l'art. C'est celle de la vie...

Mais le récit est-il vraiment important, dans cette série dont le troisième épisode doit sortir au courant du mois de septembre ? Non. Ce qui fait la force, la beauté et toute la poésie de ces livres, c’est l’ambiance, c’est l’optimisme. C’est l’envie que tout lecteur a, en tournant les pages, de sourire et de faire sourire tout autour de lui. C’est une série réjouissante, au premier sens du terme, sans aucun doute possible !

Ce qui frappe, et me plaît au plus haut point, dans cette série, c’est la simplicité du récit, une simplicité qui le rend universelle. Pas de grandes aventures, pas de péripéties dramatiques, pas de trucs ni de ficelles narratifs, rien d’autre qu’une espèce de grande vague qui balaie la plage sur laquelle rêve et réalité se mêlent sans cesse. Des rêves nombreux et des réalités plurielles !

Ce qui me plaît, au-delà de ce scénario qui ne cherche pas la prouesse, c’est aussi et surtout le graphisme : entre Disney et l’art du manga, le dessin de Turconi ne cherche à aucun moment à éblouir. Il est tout aussi poétique que le texte qu’il accompagne. Il devient comme le rythme des phrases qui émaillent les pages de quelques touches tout simplement littéraires : " Le vrai nom de la richesse est… partage ", ou " La beauté, sans doute, ne fait pas les révolutions. Mais elle est là le jour où les révolutions ont besoin d’elle ".

Violette, c’est de l’excellente bd, du neuvième art qui rend hommage à tous les arts, de la poésie sans prétention ni ostentation à lire et à faire lire par tout un chacun !

 

 

Jacques Schraûwen

Violette autour du monde ( scénario : Radice – dessin : Turconi – éditeur : Dargaud)