Une aventure de Jacques Gipar : 4. La femme du notaire

Une aventure de Jacques Gipar : 4. La femme du notaire
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Une aventure de Jacques Gipar : 4. La femme du notaire - © Tous droits réservés

De la bd à l’ancienne qui se plonge dans les méandres de la petite bourgeoisie de province.

Les éditions Paquet, indubitablement, aiment les vieilles voitures. Et avec cette série, les aventures de Jacques Gipar, ces bagnoles occupent, si j’ose dire, le haut du pavé. Mais là où, dans les volumes précédents, l’intrigue n’était, tout compte fait, qu’une manière de mettre en scène l’univers automobile des années 50 et 60, dans cet album-ci, c’est l’histoire qui prend le pas sur le décor. Sans rien enlever, fort heureusement, à ce décor, paysages urbains, vieux tacots, dessinés avec un sens proche de la ligne claire.

C’est donc à un polar à l’ancienne que nous convient Jean-Luc Delvaux, au dessin, et Thierry Dubois au scénario. Jacques Gipar, journaliste proche de ce qu’était Gil Jourdan, toujours accompagné de Petit Breton, se rend, au volant de sa toute nouvelle voiture, dans la région d’Amiens. Un représentant de commerce a été abattu. Il était l’amant de la femme du notaire. Un notaire qui, à son tour, se fait assassiner.

Le journaliste et son assistant se plongent alors, tout au long de leur enquête, dans un monde bourgeois et bien-pensant, celui d’une province qui vit au rythme des cancans et des a priori, et cette enquête met en scène une galerie de personnages typiques, comme on en voyait dans le cinéma français de Chabrol par exemple.

Sans briller par son originalité, et malgré un découpage parfois opéré au cutter, cette histoire se laisse lire avec plaisir, et sa construction, hommage évident à Tillieux, réussit cependant à s’en éloigner par le ton.

L’histoire racontée, vous l’aurez compris, est traditionnelle, le scénario quelque peu convenu mais rondement mené. Et le dessin, nostalgique à souhait, s’attarde avec un plaisir visible sur les lieux décrits, sur les voitures croisées de route en ruelle. La ligne claire de Jean-Luc Delvaux s’affirme, d’album en album, et se laisse savourer sans arrière-pensée.

Il est bon, de temps en temps, de partager la nostalgie d’auteurs comme Dubois et Delvaux. Il y a là une fraîcheur qui mérite d’être ressentie. Et c’est bien ce qui arrive en se plongeant dans cette aventure policière, perdue dans une époque qui a l’air terriblement lointaine mais qui ne l’est pas vraiment !

Jacques Schraûwen

Une aventure de Jacques Gipar : 4. La femme du notaire (dessin : Delvaux – scénario : Dubois – éditeur : Paquet)