Tuer, mourir, ressusciter et recommencer: Dead Cells, un jeu d'action qui va vous faire enrager de plaisir

Dead Cells
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Une masse verte blobesque s'écrase au sol, et se glisse péniblement vers un cadavre. Le pauvre bougre a été décapité. Prenant alors la place de sa tête, Blobounet (c'est ainsi que nous l'appellerons) rend alors son énergie vitale à ce qui semble être un fier combattant... ou un simple prisonnier. Derrière-lui, le squelette géant d'un roi, tué d'une lance en pleine poitrine, est affalé contre les murs suintants d’humidité d’un château. Quelques torches illuminent un couloir, où s’élancera notre héros blobounesque…

Sauts, roulades, esquives, coups d’épées ou de fouet, jet de grenades givrantes et de flammes : vos pouces devront être au taquet pour maîtriser à la perfection ces mouvements afin de sortir vivant de ce château… sans jamais mourir. Car oui, Dead Cells est un bon vieux  "die and retry" : une fois mort, (presque) tout est à refaire. Le studio français de développement Motion Twin s'amuse d'ailleurs à décrire son œuvre comme un "roguevania": l'association d'un rogue-lite et d'un metroidvania.

Rogue, c’est un jeu sorti en 1980, qui lancera le style homonyme, caractérisé par trois spécificités : la mort signifie la fin de la partie, le joueur perd tout ce qu’il a amassé et il n’existe aucune sauvegarde ; les niveaux sont aléatoires et générés de manière procédurale, et donc sont différents à chaque partie ; et les combats se font au tour à tour, à la manière des RPG. Dead Cells est donc une version "allégée " (lite) de ce genre : la mort signifie le recommencement d’une nouvelle partie, mais le joueur peut garder certaines compétences, et il n’y a pas de combat au tour à tour.

Revenons à notre Blobounet. Il s’élance et fait danser son épée usée. Et il en sera ainsi à chaque nouvelle partie : une seule arme en main, et il faudra récolter, ou acheter, le reste de votre équipement en route. Certains choix seront cornéliens, il n’y a que quatre emplacements pour vos armes. Au joueur de débloquer intelligemment des compétences pour recommencer sa partie un peu moins désœuvré. Son chemin sera aussi parsemé de divers objets, permettant l'amélioration d'armes, de la vitalité, ou encore permettra l'accès à des zones secrètes, retrouvant ainsi l'influence du jeu Metroid.

Un jeu plus tactique qu'il n'en a l'air

Sous la forme d’un jeu de plateforme, Dead Cells prend l’apparence d’une simple quête vers la liberté, parsemée de combats avec des monstres de plus en plus coriaces, à la manière d’un Castlevania. Et pourtant, il faudra user de beaucoup de tactique pour en sortir vivant. Chaque ennemi à ses spécificités, et au joueur de découvrir comment les tuer sans trop y perdre son sang, surtout lorsque son équipement dépend du bon-vouloir de la génération aléatoire de partie.

Les niveaux se redessinent à chaque résurrection, rendant la mort moins futile. Le jeu suit intelligemment la courbe de progression du joueur, et c'est là que se situe tout le génie de Dead Cells. Les premiers niveaux deviennent très vite des zones d’entraînement, où il faudra choisir son équipement, et avoir une bonne part de chance aussi, afin de continuer à avancer dans le jeu sans mourir. On prend une joie non-dissimulée à tomber par hasard sur une nouvelle arme, le doigt tremblant à l’idée de s’en équiper, et découvrir ses capacités.

Se retrouver avec une épée élimée permet de mieux cerner les ennemis et moins rager lors de sa mort, posséder un armement du feu de dieu vous fera suer à grande goutte tant l’on redoutera de tout perdre en deux coups de cuillère à pot d’un ennemi inconnu et surpuissant (au point de mettre le jeu sur pause et ne pas oser y revenir avant de sentir le pouvoir de la pleine lune effleurer son visage). Au fur et à mesure des résurrections, le jeu se révèle bien plus complexe et tactique qu'il n'en a l'air.

Du pixel art à l'animation très maîtrisée

L’animation est fluide et brillamment maîtrisée, rendant les combats jouissifs lorsque l’on sent l’adrénaline monter en soi, ou que t l’on saute partout en envoyant des grenades et lance-lames à tout va, pour finir par survivre par un gros coup de chance. Certains combats avec des boss s’apparenteront à des chorégraphies, tant le jeu répond parfaitement aux commandes.

De style pixel art, Dead Cells a une très belle patte graphique, rehaussée par une bande-son agréable. Elles nous plongent toutes deux dans une ambiance médiévale souvent burlesque. Les touches d’humour ne manquent pas (à la fois dans le jeu et dans les menus d'options), venant ponctuer, avec des moments plus calmes d’exploration, les phases de combat.

Dead Cells est pour ceux qui veulent s’accrocher à leur manette au point de rêver d’être possédé par une substance douteuse, ou pour les nostalgiques des jeux des consoles premières générations, où les points de sauvegarde n’existaient pas. Pour ceux qui redoutent le rogue-like (comme moi), il est à chaudement recommander pour découvrir le genre, et apprendre que la mort n’est que le commencement…

Dead Cells, developpé par Motion Twin, est disponible depuis le 7 août 2018 sur Switch, PS4, Xbox One et PC.