Tony Corso : 6. Bollywood Connection

Tony Corso : 6. Bollywood Connection
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Tony Corso : 6. Bollywood Connection - © Tous droits réservés

Jet-set, cinéma, Côte d’Azur, meurtres: un cocktail vif et ensoleillé!

Tony Corso est un détective privé. Un de ces êtres qui, à la limite de la loi, poursuivent des rêves qui ne sont pas des ambitions, s’enfouissent aux profondeurs de la turpitude humaine, se veulent, envers et contre tout, différents. Il est à l’image de ses grand aînés, eux qui furent inventés, décrits, aimés par Chandler, Spillane, et tant d’autres.

Le monde dans lequel il évolue est celui de cette fameuse jet-set, étirant au soleil de la Méditerranée ses richesses lascives et tortueuses. Son univers est celui de l’amitié, une amitié qui ne choisit pas ses cibles.

Autour de lui fourmillent donc des personnages nombreux, variés, des humains qu’il regarde vivre avec désillusion souvent, avec bonheur parfois.

Un film se tourne, un film qui met en vedette une star indienne. Bollywood en Côte d’Azur, en quelque sorte. Et, bien entendu, il y a du crime, de la castagne, des menaces dans l’air. Et un engagement pour Tony Corso, qui va ainsi croiser des émirs fortunés, des mafieux indiens, des acteurs égocentristes, une tueuse sans pitié, des " petites mains " aux secrets bien cachés.

Hommage évident à un certain cinéma noir, cette aventure de Tony Corso nous fait entrer, certes, dans un univers spécifique où les paillettes prennent la place de la vérité, où les apparences sont plus importantes que la réalité. Mais cette aventure s’ouvre également à l’amour, la sexualité, la différence, l’intolérance, l’impossibilité qu’ont certains à se reconnaître tels qu’ils sont et non tels qu’ils se rêvent. Et dans ces démissions de l’âme humaine face à elle-même, il y a l’homosexualité.

Le découpage est vif, rythmé, presque cinématographique parfois, multipliant gros plans et paysages, et la graphisme de Berlion, classique et de temps en temps trop statique, aime à s’attarder sur les visages. L’histoire, malgré ses digressions, reste linéaire et aisée à suivre, même sans avoir déjà lu les précédentes enquêtes de ce privé à la fois sympathique et déplaisant.

Les couleurs de cet album font partie intégrante du récit. Elles créent une ambiance qui fait penser au strass cher aux membres de la jet-set, et sa luminosité, quelque peu criarde, remet en mémoire ce que furent, dans les années soixante, les romans-photos qui émaillaient toutes les revues dites féminines. Cette couleur rappelle aussi l’omniprésence scintillante qu’elle peut avoir dans les films indiens.

Un livre agréable à lire, donc, même si le scénario se perd quelquefois dans ses propres méandres, et même si le dessin, de temps à autre, fait montre de quelques faiblesses, de quelques irrégularités.

 

 

Jacques Schraûwen

 

Tony Corso : 6. Bollywood Connection (auteur: Berlion – couleurs: Favrelle – éditeur: Dargaud)