Tom Lanoye propose sa version française du célèbre "Les Boîtes en carton", aux Editions de la Différence

Tom Lanoye
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Tom Lanoye - © Christine Pinchart

Paru il y a 22 ans en Flandre, le roman « Les Boîtes en carton » de l’écrivain flamand, et dramaturge, Tom Lanoye vient de sortir en français aux éditions de la Différence. Le livre fait partie d’une trilogie, en grande partie autobiographique. Un roman sur l’enfance, l’adolescence, qui aborde les thèmes de l’amour, de l’homosexualité, de la masturbation et de la famille.

Rencontre avec Tom Lanoye

Aviez-vous des appréhensions quant à la sortie de ce roman, 22 ans après la version originale. L’histoire vous semblait-elle suffisamment intemporelle ?

Je dois dire qu’il y a " La langue de ma mère ", qui est une sorte de successeur involontaire, où l’on retrouve quelques personnages, comme ma mère et mes frères et sœurs, qui sont repris dans un tout autre contexte, alors maintenant le tableau est complet. Pour moi c’était une découverte comme presque toujours comme quand on relit un livre en traduction et quand la traduction est si belle. Celle de Alain van Crugten qui est un ami et un traducteur formidable, et quand on relit c’est toujours un choc parce qu’on connaît déjà le livre, mais c’est comme  s’il était nouveau. Et j’étais surpris, et je ne sais pas si maintenant j’écrivais l’histoire ce serait différent. J’avais 32 ans, et j’avais un ton léger et jeune. Et puis c’était l’âge de mon frère quand il est mort, et c’était important pour moi. Maintenant j’ai 54 ans, et ce serait dommage d’ écrire un livre dans le même style ; mais c’est une double rencontre avec un personnage qui est moi-même, et celui d’un jeune écrivain qui connaît son premier grand succès.

A quel âge vous êtes-vous demandé si vous étiez capable d’écrire ?

Ca c’est très étrange pour moi aussi. Il n’y avait jamais un moment où je ne me suis pas dit que je ne serais pas écrivain.  Et en même temps j’étais convaincu de devoir écrire pour le théâtre. Je trouvais bien naturel d’être sur scène avec mes propres textes, mais je ne connaissais pas les circonstances ; j’étais juste convaincu que ça se produirait. Et avoir cette conviction c’est une motivation énorme. Mais je ne peux pas me rappeler un seul instant où je ne me suis pas vu comme écrivain.

Vous avez évoqué l’homosexualité, la famille, les amours de jeunesse, la masturbation… Tout cela en fait un livre sans frontières ?

Tous les livres doivent être sans frontières. Je serais triste qu’on le trouve choquant. C’est l’adolescence, c’est humoristique, ça parle de la douleur de l’amour à cet âge, et ce que je dis sur les nationalistes flamands ce n’est pas choquant non plus. C’est un portrait doux-amer de l’école dans ce temps-là.