Talkie-walkie à la main, We Were Here Together pousse la coopération dans ses beaux retranchements

Talkie-walkie à la main, We Were Here Together pousse la coopération dans ses beaux retranchements
8 images
Talkie-walkie à la main, We Were Here Together pousse la coopération dans ses beaux retranchements - © Tous droits réservés

(Grésillement de talkie-walkie)

  • Okay, j’ai devant moi un jeu avec lequel je dois jouer en coopération avec une autre personne en ligne.
  • Attends fieu, tu vas faire ta review là, pendant notre partie ?
  • Ben ouais.
  • Tu crois que les gens vont accrocher ?
  • Rien de tel qu’une belle discussion pour parler d’un jeu dont le gameplay repose presque uniquement sur le dialogue entre deux personnes !
  • C’est pas faux.
  • Alooors… Je suis une exploratrice au milieu de la toundra, recouverte d’une doudoune qui ne laisse pas passer un centimètre carré de peau, tellement emmitouflée qu’on ne voit pas mon visage.
  • Je me lève de mon lit, ouvre la porte de ma chambre et… oh je te vois !

(Les deux exploratrices se font mutuellement signe de la main. S’ensuit une suite de mouvements désordonnés alors que les joueuses s’essayent aux commandes du clavier.)

  • C’est parti.

(Silence ponctué par quelques bruits de pas sur un plancher)

  • C’est bien joli par ici mais heu… On doit faire quoi ?
  • Dans la description du jeu il est mis "Embarquez pour une aventure remplie de casse-têtes".
  • Ouais mais bon là à part me faire une omelette… Si seulement on pouvait ouvrir le frigo…
  • Tout est dans les détails… Écoute, regarde, touche…

(Les exploratrices s’immobilisent.)

  • Le style graphique est plutôt pas mal en fait.
  • C’est en effet un low-poly qui remplit parfaitement son rôle : simple, pour ne pas trop charger les scènes, mais pas trop, pour quand même ressentir une certaine ambiance, une atmosphère…
  • Ça y est elle est passée en mode review.
  • Beh les internautes ne vont pas lire que nos échanges banals de joueuses trentenaires quand même ?

(Après quelques errements dans les différents recoins d’un chalet plutôt chaleureux)

  • Ah en effet j’entends une voix grésillante au loin ! Derrière cette porte, là ! […] Oh mon Dieu elle s’ouvre, je savais que cette roue étrange avec une forme singulière servirait à quelque chose ! […] T’es là ?
  • Je suis sur le toit, je chipote à des boutons et ça fait changer les ondes sur l’écran devant moi.
  • Hé mais tu fais changer la musique dans la pièce où je suis rentrée. […] C’est méga musette ici hahaha ! Rien de tel que de l’accordéon pour commencer cette expédition de sauvetage !

(Et se déroulent plusieurs heures de jeu, plus ou moins agitées)

  • Bon. Je commence à piger le principe. Le seul moment du jeu où l’on était ensemble, c’était au début. Après, on se retrouve séparées, à devoir résoudre des énigmes, mais pas chacune dans notre coin : toutes nos actions sont liées. Chaque puzzle est un grand casse-tête à résoudre à deux.
  • Ouais et si tu t’exprimais un peu mieux, on les finirait peut-être un peu plus vite ces énigmes !
  • J’en peux rien si là où tu vois un symbole de crâne de dinosaure là où je vois une tête de girafe !
  • T’as déjà vu une girafe avec une mâchoire pareille ?
  • Grumpf. En tout cas, ce jeu nous pousse dans nos retranchements communicationnels. On ne peut parler que via ces talkies-walkies, et impossible de parler en même temps.
  • C’est sûr que ça développe le vocabulaire quand tu dois décrire la tuyauterie infernale qui se trouve devant toi !
  • Ou ces plantes étranges et envoûtantes…
  • Ou quand ta vie dépend de la vitesse de compréhension de ta partenaire.
  • Je n’ai pas eu un éclair de génie sur ce coup-là. Huhu.
  • Tu as compris ? Tu es morte électrocutée alors…
  • Oui, j’ai pigé.
  • Wow regarde un peu autour de toi… Ah ben c’est dommage ça… Ces murs manquent tellement de finition : on se retrouve avec des dalles en diagonales, ou des briques décalées dans les coins d’un mur.
  • Ah c’est vrai que le texturing est plutôt heu... Original par endroits… Ça donne l’impression d’un jeu pas tout à fait fini…
  • Mais au final, ce ne sont que quelques murs parmi l’ensemble de tous ces environnements modélisés et texturés avec amour.
  • J’espère que Total Mayhem Games va régler ça avec un patch. Au moins par fierté.
  • Enfin. Tu as fini de chipoter avec tes potions ?
  • Non pas encore… T’es un peu du mauvais côté de la partie, tu passes ton temps à me donner des instructions et ne rien faire…
  • Ben je dois souvent attendre que tu fasses une action oui… Ça aurait été plus sympa d’avoir un meilleur équilibre entre les deux côtés. […] Je vais me mater une vidéo en attendant. Oh bah je vais me refaire le trailer de lancement du jeu tiens.
  • Si tu veux on retourne dans l’écran des serveurs et on échange de place ?
  • Non, ça ira, je préfère toujours jouer le même personnage. Tel est mon destin. Et puis comme ça, je continue ma trame narrative.

(Au loin, des voix se font entendre. Momentanément, les deux exploratrices ne peuvent plus communiquer entre elles alors que Castle Rock dévoile ses secrets.)

  • Tu piges quelque chose à l’histoire ? On part secourir des gens en détresse au beau milieu de l’Antarctique, et on se retrouve dans ce château abandonné, à suivre des instructions un peu bizarres de cet homme étrange ?
  • Bah la narration n’est pas vraiment le point fort du jeu, c’est plutôt un prétexte pour nous amener à résoudre des énigmes en binôme.
  • C’est dommage… Un peu plus d’humour et une histoire plus développée n’auraient pas fait de mal.
  • Le point fort du jeu, c’est vraiment son aspect collaboratif. Le fait que l’on doit en permanence être au courant de ce que fait l’autre, sans pouvoir le voir. On ne peut se baser que sur ce qu’il nous explique. Et bon sang que c’est dur de décrire clairement des objets ou des actions !
  • Ça nous apprend aussi à s’adapter au rythme de son partenaire… Mais c’est vrai que c’est rare, même au sein des jeux coopératifs, ce genre de système. C’est le troisième jeu de la série We Were Here, et ce jeune studio est toujours aussi bon dans ce concept plutôt original.
  • Ce qui était un projet étudiant à la base est devenu une belle série de jeu, oui.
  • Et je dois dire que ces énigmes sont pas mal diversifiées, et plutôt bien pensées. Surtout que le jeu ne nous guide jamais, et ça, j’adore : il n’y a rien pour casser l’immersion, le quatrième mur comme on dit !
  • Ce qui nous amène à rester parfois bloquées lorsque l’on n’a pas vu ce petit objet-là, dans l’ombre du recoin de cette pièce…
  • On est des exploratrices non ? On aime à devoir trouver les mécanismes cachés derrière une énigme à l’apparence si simple !
  • On aime à tourner un problème dans tous les sens pour trouver une solution ultime !
  • Et on aime à se sentir bête, à deux.

(Les deux exploratrices se remémorent ces longs moments d’intense réflexion devant des énigmes, somme toute, parfaitement adaptées à tout joueur, même celui qui n’est pas un expert en jeu d’énigmes.)

  • Et on va sortir de ce château, je te le dis !
  • Ou plutôt, quelque chose me dit que, comme pour les deux autres opus de la série, la fin ne sera pas aussi évidente…

Cette discussion est en partie basée sur des faits réels, en partie de la fiction. Toute ressemblance avec un personnage ou une situation existants ou ayant existé est purement fortuite.


 

We Were Here Together est un jeu créé par le studio néerlandais Total Mayhem Games, disponible depuis le 10 octobre 2019 sur Steam. Ce jeu nécessite absolument une connexion internet et un.e partenaire de jeu en ligne.

We Were Here Together est le troisième opus de la série We Were Here. Les deux autres opus, We Were Here et We Were Here Too, sont disponibles sur Steam (gratuitement pour le premier) et Xbox One, ainsi que, uniquement pour le deuxième, Humble Bundle et Green Man Gaming,