Tales of the Neon Sea: une mer de lassitude légèrement illuminée par du pixel art cyberpunk

Tales of the Neon Sea: une mer de lassitude légèrement illuminée par du pixel art cyberpunk
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Tales of the Neon Sea: une mer de lassitude légèrement illuminée par du pixel art cyberpunk - © Tous droits réservés

Jeu indé / Nouveauté / Pixel art magnifiquement maîtrisé / Gameplay poussif et lassant


Poussé par une campagne Kickstarter, Tales of the Neon s’annonçait comme un bijou de pixel art : un environnement cyberpunk envoûtant, des énigmes policières qui s’annonçaient prometteuses au vu de la démo révélée en novembre dernier. Le jeu développé par le studio chinois Palm Pionneer était d’ailleurs dans la liste de jeux les plus attendus en 2019 de votre dévouée testeuse…

Alors, que de bonheur lors du début de ce voyage dans cette « mer de néons ». Palm Pioneer démontre une maîtrise parfaite du pixel art, chaque scène étant une fresque devant laquelle on s’arrête plusieurs minutes pour capter chaque détail, et pour s’imprégner de cet univers futuriste et cyberpunk. On sent les néons crépiter, les bannières s’agiter, la vie se dérouler en arrière-plan, et il n’en faut pas plus : l’immersion fonctionne, on est happé par cette mosaïque de pixels.

Passé les premiers émerveillements graphiques, notre cerveau se plonge un peu plus dans la dynamique du jeu. Nous proposant d’incarner un ancien flic reconverti en détective privé, le jeu va tout logiquement nous emmener dans une enquête policière, afin de révéler les mystères et secrets de Starlight City… Avec une pointe d’originalité, car la ville n’est pas que sous le joug de mafia d’humains, mais aussi d’une mafia féline, que nous fera découvrir le chat de notre détective.

Des énigmes qui échouent à attiser notre intelligence

Et malheureusement, l’intérêt du jeu s’arrête là… Au bout de quelques heures, une certaine lassitude émerge des flots, les puzzles et énigmes se suivent, se ressemblent, et présentent peu d’intérêt… Il faudra plus se creuser les méninges pour comprendre ce que le gameplay veut de nous (Activer un appareil ? Trouver un nouvel objet ? Créer un chemin vers une nouvelle plateforme), que pour réellement résoudre une énigme complexe, demandant à nos neurones toute leur énergie. Certains puzzles mettront d’ailleurs la patience à rude épreuve, demandant énormément d’allers-retours, complètement inutiles. C’est une impression douce-amère qui ressort de ces puzzles, qui semblent avoir été créés plus pour le principe, que pour réellement apporter un challenge attractif au joueur.

A cela, il faut ajouter une piteuse interface, très difficile à prendre en main et qui impose de devoir parcourir la liste des objets/infos récoltés pour en retrouver un en particulier (et vers la fin du jeu, on se retrouve avec des dizaines d’items).

Les premiers feed-back des joueurs ont été assez unanimes sur la question, et les développeurs ont eu l’intelligence d’écouter leur communauté de gamers, et de sortir très vite des patchs de mise à jour adaptant le gameplay, rendant certains passages moins fastidieux. L’initiative est à souligner, mais n’arrive cependant pas à remonter assez le niveau du jeu.

Une piètre narration

Car à côté d’un gameplay ennuyeux, l’histoire en elle-même manque de profondeur et de finesse, et est portée par des dialogues pauvres et mal écrits. A tel point, qu'arrivé à la fin du jeu, on a l'impression de ne pas avoir accompli grand chose. Différents objets à récolter durant l’aventure, comme des livres ou des journaux, aident à mieux comprendre l’univers où évolue notre détective... Mais les textes sont de si piètre qualité (autant dans la grammaire que dans l’histoire racontée) que l’on abandonne vite l’idée de parcourir ces informations.

Initialement, le jeu aurait du être traduit du chinois au japonais, français, anglais, espagnol et allemand, mais des problèmes de qualité de traduction (et les lacunes en français sont en effet terribles) font que, quelques jours après sa sortie, seule la traduction anglaise est valable.

Tales of the Neon Sea regorge donc de belles idées, mais qui s’essoufflent au bout de quelques heures de jeu, au point de mener le joueur sur les rives de l’ennui et de la lassitude. Les développeurs n’ont pas réussi à diversifier suffisamment leur gameplay, et la magnifique direction artistique ne suffit pas à tenir le joueur sur la durée, la ville de Starlight n’étant pas assez développée et diversifiée.

En l’état, à quelques jours de sa sortie, le jeu de Palm Pioneer présente dont un intérêt limité à sa direction artistique en pixel art. Mais les développeurs promettent une suite, qui sera une continuation de l’histoire de ce premier épisode (dont la fin laisse sur sa... faim), et l’on espère grandement qu’ils tireront les enseignements de ce premier opus à moitié raté… Et qu’ils réussiront à en faire un jeu qui excitera nos méninges.