Stalag IIB

De tous les dessinateurs dont le talent a éclos au cours des années 70, dans le creuset extraordinaire qu’était le journal Pilote, Jacques Tardi est sans doute celui a réussi, au fil des années, à rester profondément fidèle à sa jeunesse, à ses révoltes d’alors, à ses colères, à ses dégoûts. Aucun renoncement, chez lui, jamais. A part, peut-être, la permission qu’il a accordée à Luc Besson de dénaturer Adèle Blanc-sec. Mais en dehors de cette parenthèse que je qualifierais d’inutile, les œuvres de Tardi ont toujours été axées sur l’être humain, vivant au gré du hasard des destinées contre lesquelles il ne peut rien, face auxquelles il se révèle d’abord et essentiellement un témoin.