Sly Johnson est de retour avec un album intimiste et touchant

L’ancien membre de Saïan Supa Crew est de retour en solo avec un nouvel album. Silvère, c’est une invitation à pénétrer dans l’univers complexe et l’intimité de Sly Johnson. On a accepté l’invitation et on a adoré…

Sly Johnson frappe fort avec ce 3e album qui porte le nom que ses parents lui ont donné à sa naissance : Silvère. Choisir de révéler son vrai prénom en titre d’album, c'est annoncer la couleur de Silvère, qui est composé de morceaux très intimistes. Sly Johnson s’y dévoile, se confie sur sa vie, ses états d’âme, son imaginaire. C’est en quelque sorte l’album de la maturité.

Chanteur, beatboxeur, rappeur, instrumentiste, auteur et compositeur, Sly Johnson sait tout faire et utilise ses nombreux talents sur cet album. Il a par exemple pris beaucoup de plaisir à rapper sur Silvère, beaucoup plus que sur les deux albums précédents (74 en 2010 et The Mic Buddah en 2015). "On retrouve ma facette hip-hop sur cet album. On m’entend beaucoup plus rapper que d’habitude. C’était quelque chose que je ne faisais que sur scène, mais là, j’avais envie depuis quelque temps de me remettre à rapper car j’adore ça."

Pour cette mise à nu, il a fait appel à un producteur de totale confiance, Ben Molinaro, membre de son premier groupe, qui a entièrement réalisé Silvère. Le producteur a signé sept des douze compositions, les autres sont de Sly Johnson, et a conçu l’ensemble des arrangements.

Pour se livrer sur sa vie, Sly Johson a choisi de le faire dans la langue de Molière. C’est une première puisque ses deux premiers albums étaient principalement en anglais. "Chanter en français, c’était un moyen de me rapprocher de mon public, c’est aussi un retour aux sources. A l’époque je mélangeais l’anglais et le français, je mettais beaucoup d’allitérations dans mes textes. Pour Silvère j’avais vraiment envie de mots simples et de phrases simples. Je voulais que ce que j’avais à dire soit compris très facilement et simplement."

J’aurais eu du mal à faire un album aussi intimiste en anglais.

'New Day' est le premier single de l’album, une chanson qu’il a écrite un jour de manifestation de gilets jaunes à Paris. "C’était un jour où la manifestation était très virulente. J’étais en train d’enregistrer l’album dans le 10e arrondissement de Paris. Et depuis le studio on sentait les odeurs de brûlé, on entendait les cris. Je suis sorti et ce que j’ai vu m’a marqué. J’avais besoin de parler de tout ça, mais sans en faire un constat malheureux. Je voulais parler de ces injustes, mettre la lumière dessus." 'New Day' est donc une ode à la renaissance, bien ancrée dans le réel. Le refrain chanté épanche un espoir salutaire mais le rap des couplets est là pour nous replonger dans la dure réalité.

Dans 'Skin' Sly Johnson ouvre de vieilles blessures, celle du racisme qu’il a connu très jeune, dans la cour de récré. "Cette chanson traite du racisme et des difficultés que l’on peut rencontrer à cause de la pigmentation de notre peau. Je l’ai personnellement connu très jeune et ça m’a marqué. Je dois encore y faire face tous les jours, pas plus tard que la semaine passée on m’a encore traité de 'sale singe' dans la rue… Pouvoir en parler c’est une manière pour moi de me délivrer de ce sentiment de tristesse que je ressens quand ça arrive. Ça permet aussi aux personnes qui sont dans la même situation de se sentir moins seules."

Sly Johnson n’hésite pas non plus à évoquer ses vieux démons dans le titre 'Sale' par exemple. " 'Sale' parle de ces fantasmes et envies inavouables qu’on a pourtant tous en soi. Le message est simple, il ne faut pas avoir honte, même si ce n’est pas facile de se battre avec soi-même. Garder les choses enfermées ce n’est pas bon."

Vous aurez l’occasion de découvrir Sly Johnson sur scène lors de nombreux festivals cet été. Une expérience que Sly Johnson aime partager avec son public. "Sur scène, c’est totalement différent de Saïan Supa Crew. C’est impressionnant car c’est très sauvage dans l’énergie. Musicalement, je suis accompagné d’excellents musiciens qui viennent du jazz donc il y a une énorme place pour la liberté de jeu et ça c’est incroyable. On mélange les répertoires, on passe du jazz au funk, on enchaîne avec du rap, tout s’enchaîne, c’est fluide. Je suis très connecté au public et c’est très agréable. C’est un pur moment de musique et d’émotions."

Pour retrouver les dates, n’hésitez pas à consulter son agenda sur son site internet, son Facebook et son Instagram !