Sarah Berti entame une série d'enquêtes policières

Sarah Berti
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Sarah Berti - © © RTBF - Christine Pinchart – 2013

Une série policière sur papier et sur internet www.tizianadellavera.be. Le site présente les personnages du roman, et s’imprègne de l’univers de la future série.

Rencontre avec Sarah Berti pour le tome 1 : Le jour du tiramisu chez Luce Wilquin.

 

Vous mettez en scène le Rebecq qui est le vôtre depuis toujours, mais un Rebecq à deux visages ?

 

Il y a une espèce de fracture, surtout chez les jeunes. Il y a ceux qui vivent à l’américaine, comme ils le voient sur internet. Puis il y a encore une partie terroir familial ; et j’ai eu envie de mixer ces deux univers dans un lieu que je connais très bien, qui est mon village.

 

Vous évoquez l’immigration italienne, dont vous faites partie, tout comme votre personnage principal, Tiziana ?

 

Tiziana est une enquêtrice de la police de Rebecq, d’origine italienne et dont les grands parents sont venus travailler aux carrières de Quenast après la guerre, comme les miens d’ailleurs.

Et j’avais envie de rendre hommage aux racines italiennes qui ont bercé toute mon enfance. Les dimanches chez la Nona, avec les bons repas, la télé, l’ambiance, j’avais envie de faire partager cela.

 

Pourquoi un policier ?

 

Je pense qu’un policier c’était plus un prétexte à pouvoir développer une intrigue, parce que j’écris surtout sur des personnages, des vies et des émotions. Et dans un thriller il est facile d’intégrer tout cela.

C’est très américain, je pense au fonctionnement du clan, avec ces jeunes filles nanties, jolies, et sexy. On s’imagine un peu dans un collège américain ?

 

Oui mais je pense que ça existe aussi chez nous, ce besoin d’intégration, de trouver des modèles et d’être le modèle des autres. Il y a des fractures et des séparations entre des jeunes filles qui essaient de tout miser sur l’apparence, la domination et la séduction. Et d’autres qui cherchent leur place, un peu écrasées, ayant envie de trouver un modèle à qui ressembler.

 

Parmi les personnages au cœur de l’école, on trouve un prof coupable d’avoir cédé ?

 

Je voulais à travers ce personnage, exprimer la difficulté de tout mener de front. Il travaille, il vient d’avoir des enfants, il se sentait ambitieux et sûr de lui, et il débarque dans un monde où les ados ne sont pas aussi simples que ce qu’il espérait. Je le voulais torturé par ses sentiments, en essayant de placer différentes palettes d’émotion.

 

Il y a une grande place dans le livre, pour la cuisine italienne ?

 

Oui la cuisine de base, et je voulais partager ce qui a bercé mon enfance ; les pâtes que ma grand-mère faisait pour nous en quelques minutes, et les odeurs de la maison. Et le jour du tiramisu, c’est celui où on se retrouve en famille, devant un bon plat, pour partager ses problèmes. On y prenait du recul par rapport au quotidien.

Et puis sur le site, on peut trouver les recettes de la Nona, parce que je leur devais de transmettre cela.

 

La présence de la Nona est importante dans la vie des enfants ?

 

Oui on a une famille à l’Italienne et on est tous proches. Je viens d’avoir un petit garçon, et j’essaie vraiment de lui donner ça. Le rapport à la famille et aux générations.

 

C’est aussi l’histoire d’un meurtre. La jeune fille du préfet, aura des mots très durs. Ce sont aussi les affres et les rancoeurs de l’adolescence ?

 

C’est aussi le parcours de cette ado, à côté des jeunes séductrices. Une fille qui n’arrive pas à se trouver, peut-être parce qu’elle n’a plus de maman. La vie c’est aussi cela et je ne voulais pas, que des rôles super beaux et forts. Je me suis inspirée de toutes ces petites choses du quotidien, comme le parcours in vitro du professeur, et la quête de maternité, que j’ai vécue également. Et à l’époque quand j’en ai parlé, je me suis aperçue que je n’étais pas la seule. Et puis il y a ce milieu scolaire, qui est à l’image d’une société.

 

"Le jour du tiramisu, de Sarah Berti, chez Luce Wilquin. Un thriller original, à l’américaine, et à deux pas de chez nous. Le style est direct et la structure est séduisante.

Christine Pinchart