Sans elle, l'homme n'aurait pas posé son premier pas sur la Lune

Sans elle, l’homme n’aurait posé son premier pas sur la Lune
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Sans elle, l’homme n’aurait posé son premier pas sur la Lune - © HO - AFP

Il y a bientôt 51 ans, le 21 juillet 1969, à 3h56 du matin, plusieurs centaines de millions de personnes sont scotchées devant leur téléviseur pour assister au célèbre "petit pas pour l’homme, mais un grand pas pour l’humanité". Les yeux du monde entier sont rivés sur Neil Amstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins pendant que, dans l’ombre de l’équipage, une femme rentre silencieusement dans l’histoire.

Marcher sur la Lune, sans plus tarder

En pleine guerre froide, les deux grandes puissances de l’époque, la Russie et les États-Unis, décident à nouveau de se défier - non pas sur la terre - mais sur la Lune. L’envoi du tout premier homme, russe, dans l’espace, le 12 avril 1961, précipite l’entrée des États-Unis dans la conquête spatiale.

Avec le programme spatial de la NASA, baptisé Apollo 11, le président Kennedy espère envoyer des astronautes avant la fin des années 60.

Au même moment, Margaret Hamilton travaille déjà au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) mais son ingéniosité la fera vite intégrer le laboratoire Draper du MIT en 1963 pour travailler sur les missions du programme Apollo. Deux ans plus tard seulement, elle prend la tête du département chargé de concevoir le système embarqué du programme.

Spécialiste de la discrimination des femmes dans l’informatique et les sciences, Isabelle Collet, dans une interview à Madame Figaro, rappelle la répartition genrée des rôles dans le milieu: "au tout départ, ce sont les femmes qui programmaient. Elles étaient en charge du logiciel, tandis que les hommes s’occupaient du matériel. Une fois que l’importance de la programmation est devenue évidente, les hommes ont repris la technologie.".

Plus de 10 ans avant la création de Microsoft, alors que le logiciel n’est encore qu’un vague concept, Margaret Hamilton s’apprête à changer, à jamais, les possibilités humaines et numériques.

Être maman et scientifique dans l’Amérique conservatrice des années 60

Pourtant, son intégration dans l'univers scientifique ne se fit pas sans peine. On s’en doute, Margaret Hamilton subit de plein fouet les mentalités sexistes des 60’s aux États-Unis où peu de femmes travaillent, encore moins dans le milieu scientifique.

Si élever un enfant et faire de la recherche informatique sont inconciliables aux regards de la société, Margaret incarne cette exception à la règle. Mère célibataire de Lauren, âgée de 4 ans à l’époque, la jeune femme l’embarquait avec elle passer des nuits entières au laboratoire.

Ce train de vie lui vaudra d’ailleurs les nombreuses critiques de ses contemporain.e.s, comme elle explique plus tard au magazine américain Wired : "Les gens me disaient : Comment pouvez-vous quitter votre fille ? Comment pouvez-vous faire cela ?". Une chose est sûre, hors de question pour elle de négliger la mission importante qui lui avait été confiée.

Un symbole des femmes scientifiques de l’ombre

Si Margaret Hamilton fait partie des rares femmes scientifiques reconnues à leur juste titre de leur vivant, il faudra encore attendre 47 années après la célèbre nuit de juillet 1969.

"On attribue souvent aux femmes des rôles subalternes. Même quand leur travail a été reconnu à l’instant T, celles-ci ont par la suite été oubliées et ont disparu de l’histoire […] La postérité des femmes scientifiques est un défi. […]" explique Isabelle Collet.

En 2016, Barack Obama décerne à l’ingénieure la médaille de la Liberté, la plus haute distinction civile des États-Unis en déclarant : "[Margaret Hamilton] symbolise cette génération de femmes de l’ombre qui a aidé à envoyer l’humanité dans l’espace".