Saison 2014-2015 au Théâtre de Namur: famille, amours et âge mûr

La saison du théâtre de Namur 2014-2015
2 images
La saison du théâtre de Namur 2014-2015 - © RTBF-Christine Pinchart

Rencontre avec Patrick Colpé pour le tour d'une saison qui va toucher à la vie et au quotidien de chacun. Théâtre, danse, musique, chanson et spectacles pour le jeune public; une saison éclectique et riche.

Fabrice Murgia sera là pour deux spectacles. Est-ce l'artiste du moment, l'homme dans l'air du temps, qu'il faut porter ?

Non surtout pas, et surtout n'en faisons pas une mode; ce serait terrible pour Fabrice. Il faut l'accompagner, nous on l'accompagne depuis le début ou presque, avec beaucoup d'attention et d'affection. Il est là comme comédien et il excelle dans le rôle des jumeaux vénitiens, mais surtout on l'accompagne depuis très longtemps dans ses créations. Alors celle-ci : "Notre peur de n'être", sera créée à Avignon, dans le festival officiel, et ce n'est plus arrivé à un francophone depuis très longtemps. Donc nous ne pouvons qu'être contents, et surtout n'en faisons pas un effet de mode, et ne nous poussons pas pour être sur la photo avec lui. C'est un accompagnement qui se prolonge et nous avons un projet en 2016, dont la base de travail a déjà été posée, sur une relation avec l'Afrique.

 

C'est quelqu'un d'engagé ?

Oui engagé, mais c'est un regard artistique sur l'état d'une génération; parce qu'il travaille beaucoup sur sa génération. Et ici particulièrement sur "Notre peur de n'être", où il est sur cette chose que nous connaissons et avec laquelle on vit. Tous les outils numériques qui arrivent, et que nous absorbons parce que nous sommes dans une révolution anthropologique fondamentale. Il y a eu l'écriture, il y a eu l'imprimerie et maintenant il y a le numérique.

Et comme il avait besoin d'une filiation intellectuelle pour poursuivre cela, il travaille avec Michel Serres, qui a écrit cet ouvrage magnifique qui s'appelle "petite poucette". Et il fallait se pencher sur ce phénomène qui va modifier nos rapports humains, le commerce, la démocratie...  Et Fabrice a ce regard-là.

 

Namur c'est un Centre Culturel régional, un centre dramatique et un centre d'expression et de créativité. Cela implique des obligations de service public ?

Effectivement ce sont trois contrats programmes; donc nous sommes avec Mons, les seules maisons qui ont trois obligations différentes, tout à fait singulières et spécifiques. Si nous avons des obligations au niveau des spectacles, nous en avons aussi en politique culturelle. Cela signifie la relation aux autres, et tout ce qui touche le socio-culturel et le socio-artistique, donc l'action culturelle au sens très large du terme, la relation aux autres, et comment on dialogue sur des projets.

Quant au centre dramatique, c'est le lieu de création, où la parole d'un artiste, égoïste, est prise en considération, pour aller vers une production de théâtre, de cirque, de danse... Et cette parole est proposée au public. Et là il y a un verdict, le public prend ou ne prend pas. Cela amène des rythmes très différents, parce que la manière dont travaille un artiste dans une démarche d'action culturelle, n'est pas celle avec laquelle il fonctionne lorsqu'il travaille à sa propre création. Nous devons nous adapter à ces différents rythmes et ce n'est pas tous les jours facile.

 

 

Rencontre avec Arielle Harcq, responsable de la programmation jeune public

Une programmation pour le 2-12 ans, cela nécessite un regard aiguisé ?

C'est mon regard à moi, mais avant cela il y a le travail des compagnies, qui ont l'habitude de travailler pour un public, et ceux qui créent pour des enfants de deux ans, ne sont pas les mêmes que ceux qui travaillent pour les plus grands de dix ans. Et puis souvent les spectacles jeune public sont testés en cours de création avec des enfants. Et cela permet de rectifier le travail.

 

On a évoqué les thèmes de la programmation théâtrale, de la même manière on trouve des thèmes chez le jeune public ?

Oui il y a des thèmes, et surtout il y a des choses qui sont dites et destinées à susciter une réflexion de la part des enfants, afin de mettre la machine en route et de les faire réagir. On a des thèmes et on a aussi l'esthétique, qui balaie l'art du spectacle vivant sous toutes ses formes.

 

Hormis la possibilité de venir au théâtre en famille, il y a un travail qui est réalisé avec les écoles. C'est une chance pour les enfants qui ne vont jamais au théâtre, de voir des spectacles ?

C'est vrai que la sortie au théâtre en famille c'est un plaisir et il y a un petit cérémonial qui est mis en place. On organise un goûter avant, et un goûter après le spectacle, et c'est le cadre idéal pour l'enfant.

Mais tous les spectacles sont proposés en scolaire, à un prix très accessible, et là on touche toutes les écoles de Namur, et de la région, et cela représente 8 700 enfants.

 

Côté finances, Olivier Remacle le président du conseil d'administration rappelle qu'elles sont moins mauvaises que prévu :

"Fin de l'année dernière, l'institution avait reçu un courrier annonçant un redressement fiscal de plus de 370 000 euros. Mais malgré ce coup dur, le centre culturel régional devrait sortir du rouge d'ici à trois ou quatre ans, sans toucher à l'emploi des 42 équivalents temps plein.

Le conseil d'administration a élaboré un plan, pour revenir à l'équilibre en 2018 au plus tard. Cela se traduit déjà par un résultat positif pour l'exercice 2014 de plus de 200 000 euros. Cela permet de réduire la perte cumulée à la fin de cette année, à moins de 300 000 euros. Pour y arriver on a licencié malheureusement trois personnes en avril 2013. Et la saison 2014-2015 comporte un peu moins de spectacles, afin de réduire les coûts."

Christine Pinchart