Rencontre avec Cali, qui se remet à murmurer

Rencontre avec Cali, qui se remet à murmurer
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Rencontre avec Cali, qui se remet à murmurer - © photo : Patrick Zwirc

Un nouvel album sort entre deux tournées, "Vernet-les-Bains" rend hommage à son village d'enfance, Cali se confie avant son concert du 2 février à l'Ancienne Belgique.

Retrouver Cali pour une interview, c'est devenu une routine, mais une routine exquise ! Son nouveau disque est au menu du jour. Un album calme et posé mais pas forcément apaisant ! La tornade du précèdent "La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon cœur" laisse la place à une douceur qui nous touche davantage.

On a beau ne pas être fan de tout ce qu'il fait, prendre le temps de discuter avec cet homme entier, brut, incandescent mais tellement touchant reste un grand privilège !

Vous voilà à la fin d'une tournée piano / voix. Que retenez-vous de cette expérience ?

Cali : J'ai beaucoup grandi grâce à Steve Nieve. Je me suis senti protégé et il m'a montré combien on peut s'amuser avec les chansons. Cela m'a permis de rester sur le fil, d'être aux aguets et de voir que mes chansons tiennent avec un piano et une voix. Quand on parlait de moi, j'entendais souvent dire que j'étais ce chanteur énergique qui saute dans la foule. Sur cette tournée-ci, les gens parlaient des textes, des chansons. Quel plaisir !

Une tournée acoustique, un nouvel album et, hop, vous voilà déjà reparti pour une autre série de concerts avec d'autres musiciens pour présenter les nouveaux morceaux...

Cali : Oui, il me faut toujours quelque chose de vivant, de brûlant, de pas trop facile à faire, il faut toujours bouger. Je vais en effet reprendre la route avec un combo plus électrique. On a commencé à répéter, on redéshabille tout, on retravaille les chansons, j'adore cette partie du métier. Sur l'album je chante plutôt bas. L'idée du réalisateur Frédéric Lo c'est qu'un propos fort est encore plus percutant quand il est murmuré. Pour la tournée on va remonter un rien la tonalité. Ce sera une autre version de l'album en un peu plus costaud.

Un nouveau disque écrit sur la route ou composé de chansons qui attendaient sagement leur heure ?

Cali : Une seule chanson, "Amour m'a tué", dormait dans un tiroir depuis dix ans. Je l'avais chantée quelques fois sur scène il y a très longtemps. Je l'ai mis sur l'album à la demande d'un ami. Le reste a été écrit sur la route "L'amour est éternel" a même été composée sur un cheval dans le Wyoming avec mon fils. Le clip est tourné en Arizona. On n'a pas fait de casting. On a fait un concours pour trouver les couples volontaires pour se faire prendre en photo avec un vieil appareil et les gens sont venus au milieu du désert. Le clip est le résultat de cette journée de photos. Le but du jeu, c’était l'amour. Qu'on soit moche, beau, mince, gros, homo ou hétéro, on s'en fout. La polémique autour du "mariage pour tous" en France c'est franchement beaucoup de bruit pour quelque chose qui devrait être naturel. Encore un domaine dans lequel la Belgique est un exemple à suivre !

En parlant de photo, celle de la pochette a directement accroché notre regard

Cali : J'ai choisi le photographe Patrick Zwirc parce qu'il prend l'instant, sans retouche. Il montre les imperfections, les blessures. C'est rare de s'aimer sur une photo et celle-là me plaît vraiment. J'ai l'impression de me voir ému devant les portes de mon village.

Un village où vous aviez besoin de vous ressourcer ?

Cali : J'aurais pu appeler cet album "La vie des gens" ou "Bruxelles" mais pour moi, c'est Vernet-les-Bains On a tous un port d'attache je me suis construit là, j'ai une ardoise envers ce village, cette grande famille. C'est un hommage important pour moi.

"Je rêve de voir l'été" parle de façon très délicate du cancer. Pourquoi ce choix ?

Cali : J'ai perdu des proches d'un cancer comme la plupart d'entre nous. Mais l'histoire de cette chanson, c'est celle d'une de mes amies d'enfance. J'ai été terrassé quand j'ai appris sa maladie. Je me suis mis dans sa peau et je me suis dit que peut-être que si cette vie absurde s’arrête là, je voudrais sans doute retrouver les bons souvenirs. C'est le privilège des artistes de pouvoir choisir la peau dans laquelle ils veulent se mettre pour écrire une chanson. En plus, ici, l'histoire se termine bien puisque elle semble tirée d'affaire. Pour l'instant...

La violence du chagrin d'amour est très déroutante sur "Mon ami"

Cali : Je l'ai écrite pour un ami qui est venu pleurer sur mon épaule par dépit amoureux. Une femme le quitte et nous, on est complètement démuni. Je comprends que certains puissent sauter par la fenêtre par amour. Mais en même temps, la roue tourne toujours. Cette chanson, c'est un hommage au "Manu" de Renaud ou au "Je ne peux plus dire je t'aime" d'Higelin, ces chanteurs qui m'ont construit.

"Happy end" clôture le disque en version chorale. Comment s'est organisé cette fête entre potes ?

Cali : Je voulais que le disque finisse sur un sourire. J'essaie d'écrire des chansons gaies mais c'est dur. J'ai déjà eu plusieurs fois cette discussion entre copains. J'ai voulu en faire un clin d’œil en invitant quelques potes chanteurs : Mathias Malzieu, Dominique A, Bénabar, Rachida Brakni etc. Cette chanson, c'est un mélange d'univers. Mélanger Bénabar et Dominique A, c'est surréaliste tout comme ce texte plein d'auto dérision. Ça fait du bien !


Entretien : François Colinet


Cali en concert samedi 2 février a l'Ancienne Belgique, Bruxelles.