Marc Preumont et Impro Justicia, une histoire de premières amours

L'avocat namurois Marc preumont, sur les planches avec Impro Justicia
L'avocat namurois Marc preumont, sur les planches avec Impro Justicia - © Christine Pinchart

Des vrais avocats jouant la comédie et des comédiens déguisés en avocat, pour les besoins d’un spectacle signé Bruno Coppens. Impro Justicia, dans un grand délire verbal, nous invite au procès de la langue française.

Rencontre avec l’avocat pénaliste namurois,  Marc Preumont

 

Impro Justicia c’est pour vous une récréation ?

Oui certainement et puis surtout cela me replonge dans mon ancien métier. Avant de faire le droit, j’étais moi-même comédien. J’ai une histoire personnelle à ce niveau-là et c’est comme un retour à d’anciennes amours, si je puis dire. Remonter sur les planches.

Vous aviez fait le conservatoire ?

Non je n’ai pas fait le conservatoire, mais l’académie de musique, et quand j’ai eu 18 ans, je suis allé passer des auditions dans des théâtres et j’ai été engagé. J’avais énormément de contacts avec le milieu du théâtre avant cela, et j’ai fait deux saisons complètes, avant de me décider à entamer des études de droit.

Ce spectacle, c’est un procès de la langue française. C’est un procès inédit ?

C’est un procès original c’est vrai, puisqu’il s’agit du procès de la langue sur différents plans. Et notamment sur le plan judiciaire, puisque tout le monde se plaint de ce que la langue des juristes est incompréhensible. C’est aussi l’occasion de faire ce procès-là. Mais pas seulement, c’est aussi la langue française qui est accusée de toutes parts, sur tous les plans, et défendue de toutes parts, sur tous les plans.

Il s’agit d’un spectacle interactif ? Avec des moments précis où le public peut intervenir ?

C’est un peu inspiré des spectacles d’improvisation, en ce sens que le public après chaque procès, puisque c’est une succession de petits procès, qui ont chaque fois un thème; le public, qui a reçu à l’entrée, un sifflet et un mirliton, doit donc siffler s'il n’est pas content, ou mirlitoner s'il l’est. Et puis c’est lui qui détermine l’issue du procès.

La défense et l’accusation gagnent ou perdent le procès en fonction du nombre de coups de sifflet ou de mirliton remportés.

Il y a un texte précis ?

Il y a des textes que nous écrivons nous-mêmes, mais qui peuvent varier selon les partenaires. Et je n’ai pas tout le temps Christian Panier comme partenaire. On a un canevas, mais il y a chaque soir un public différent, donc les issues, j’en ai fait l’expérience, ne sont pas chaque fois les mêmes. La fois dernière, pour deux représentations consécutives, à la première, j’avais gagné contre Christian Panier et à la deuxième, nous avons été déclarés ex aequo. C’est amusant. Alors bien sûr il y a une petite liberté et on n’est pas tenu au texte, comme si on jouait du Shakespeare ou du Molière. Il y a aussi des acteurs qui interviennent dans ce procès et des dessinateurs, comme Pierre kroll, qui fait des dessins en direct, projetés sur un grand écran derrière nous. Ce sont des caricatures de ce qui est en train de se dérouler sur scène. On ne comprend d’ailleurs  pas toujours pourquoi tout à coup le public s’esclaffe.

Christine Pinchart

Impro Justicia en tournée, le 21 mars à Huy, le 23 à Nivelles, le 26 à Nismes, le 28 au palais de justice de Bruxelles, le 29 à la MC de Arlon et le 8 avril à la MC de Tournai.