Lozen, la guerrière Apache à l'égal des hommes

Si la force et la bravoure sont généralement l’apanage des hommes, il est une femme, chez les Apaches, qu’on disait "forte comme un homme et plus brave que la plupart d’entre eux".

Parmi ces personnalités qui ont fait l’Histoire sans y laisser leur nom, découvrez aujourd’hui Lozen, la guerrière apache qui a défendu les siens aux côtés du célèbre chef indien, Geronimo.

Aujourd’hui, elle nous raconte.

(Ceci est une mise en récit posthume, qui ne constitue pas les dires de Lozen)

Je suis née un jour de 1840 au sein des Chiricahuas, une communauté d’Apaches du sud-ouest des Etats-Unis. Très tôt, mon peuple savait ce qu’il pouvait réellement attendre de moi : pas de mariage, mais, par contre, une vie entière dévouée à sa sécurité.

La réserve de San Carlos où nous sommes établis est loin d’être idéal sur le long terme. Dans cette terre d’environ 60.000 km² dans le sud-ouest du Nouveau-Mexique, le sud-est de l’Arizona, le nord du Sonora et du Chihuahua au Mexique, les conditions de vie y sont particulièrement difficiles. Ajouté à cela la menace coloniale, une seule option s’offre à nous : fuir.

Pour lutter efficacement contre l’oppression américaine et mexicaine, la tribu peut également compter sur mes pouvoirs chamaniques. Cet échange avec la nature me permet de prédire les faits et gestes des ennemis et guérir les blessures.

Une mission périlleuse

Soucieux de la sécurité de la tribu, mon frère aîné et chef, Victorio, décide de mener celle-ci sur les routes dès 1877. Si le besoin d’un avenir meilleur est incontestable, nombreux sont les femmes et enfants pétrifiés à l'idée de traverser le Río Grande en crue.

Enfant à l’époque, James Kaywaykala, s’est souvenu de ces épisodes :

"Je vis une femme magnifique sur un très beau cheval, Lozen, la sœur de Victorio, Lozen la femme guerrière. Elle tenait une carabine au-dessus de sa tête, elle engagea son cheval dans les eaux tumultueuses, tirant la tête de l’animal hors de l’eau avec ses rênes et, rassuré, il commença à nager."

La nature est loin d’être le seul obstacle à surmonter, mais celui-ci prend également une forme humaine. Nos guerriers que je rejoins, à l’arrière, doivent faire tampon entre la tribu et la cavalerie américaine à nos trousses.

Un jour, une femme de la tribu est sur le point d’accoucher. Pour mettre celle-ci à l’abri loin des terres hostiles, je l’accompagne seule à travers le désert, pour la conduire à la réserve des Apaches Mescaleros.

Venger Victorio, à n’importe quel prix

Le 14 octobre 1880, c’est à la réserve que j’apprends avec effroi la mise à mort de mon frère et de ses hommes par les forces mexicaines et les indiens Tarahumara à Tres Castillos. Déterminée à sauver le moindre blessé ou prisonnier des griffes de l’ennemi, je quitte la réserve pour regagner au plus vite les lieux de l’embuscade.

Heureusement, Victorio a préféré se donner lui-même la mort plutôt que de laisser à l’ennemi le plaisir de lui ôter la vie.

Les survivants sont à présent menés par le chef chiricahua Nana, âgé de 74 ans. Envahie par la colère et le chagrin, c’est à ses côtés que je combats sans relâche pendant 2 mois.

"Bien qu’elle soit une femme, il n’y a pas de guerrier qui égale la sœur de Victorio

- Nana

Geronimo, le dernier espoir

Par après, je me mets au service du dernier chef en guerre contre le Mexique et les Etats-Unis pour les droits des AmérindiensGeronimo. Bien plus tard, celui-ci aura ses mots :

“[…] Elle se tenait debout les bras levés, chantant une prière à Ysun (la divinité suprême des Apaches), puis elle tournait sur elle-même jusqu’à ressentir dans ses bras la présence de ses ennemis et leur nombre".

- Geronimo, chef apache.

Peu de temps après la reddition de Geronimo en 1886, Lozen est emprisonnée en Alabama pour avoir refusé de coopérer. Loin d’être habituée à l’humidité, elle meurt de la tuberculose en 1887. Son corps est rendu aux Apaches afin qu’elle soit enterrée dignement.