Les Nuits Botanique : Cats on trees et Cascadeur en éclaireurs

Cascadeur en mode ULM
Cascadeur en mode ULM - © copyright Cyril Gourdin

Un délicieux parfum estival a lancé les Nuits Botanique de la meilleure des manières vendredi soir avec, sous le chapiteau, une soirée plutôt pop mettant à l'honneur les talents de l'Hexagone.

Enfin, Nous y voilà ! On vous passe les incroyables péripéties offertes à un journaliste en fauteuil roulant désireux de passer la soirée dans le chapiteau pour le boulot, et pour le plaisir ! Sachez juste qu'aucune information n'est prévue pour les personnes qui sont incapables de descendre les escaliers qui mènent à ce fameux chapiteau et qu'il nous aura fallu 45 minutes, et pas mal de palabres, pour enfin trouver la solution idéale : une grille située de l'autre côté du parc et qui permet l'accès direct à notre scène du jour! C'est sûr, sur ce volet-là il y a encore du boulot !

 

Passé l'énervement et l'envie de tous les planter là, on est resté et on a bien eu raison ! Parce que ce soleil qui décline doucement en caressant les visages ravis de la meute des festivaliers est un délice qui ne se refuse pas. Alors que les premiers concerts démarrent, on prend plaisir à croiser les sourires de vieilles connaissances ou d'habitués des lieux. Ça boit, ça mange, ça papote dans tous les coins avec la légèreté d'un vendredi soir de printemps : le festival s'annonce bien !

 

Cats on trees, le bonheur des mélodies

 

Lorsqu'enfin on rentre dans le chapiteau, la première mission est de se frayer un chemin parmi cette nuée de jambes et de spectateurs assis par terre qui attend l'arrivée d'un des groupes les plus en vogue du moment grâce à leur tube "Sirens call" qui truste les premières places des hit-parades depuis quelques semaines. Il ne fallait pas être un grand spécialiste de la question pour prédire à cette "chanson parfaite" un avenir radieux. Nous l'avions d'ailleurs placée dans le top 10 des singles de l'année écoulée tellement sa mélodie est imparable.

 

Les mélodies : point fort absolu de ce duo venu de Toulouse qui enchante les foules avec un clavier, une batterie, et surtout quelque suite de notre très bien orchestrées. On aime le côté léger et entêtant de ce premier album (on pense aux morceaux "Burn" ou "Wichita" particulièrement efficaces) porté par une voix qui nous rappelle souvent celle de Julia Stone, et par un jeux de batterie par moment très expressif.

On retrouve avec plaisir la reprise de "Mad world" des Tears for fears ( même si on préfère de loin celle de R.E.M.!) Et on découvre avec curiosité leur premier morceau français, tout neuf, tout chaud mais pas complètement convaincant.

 

Au final, un bon set d'un groupe qui donne le sourire aux spectateurs et qui apprend très vite les manies du succès en faisant chanter la foule avec des Hooo! dans tous les sens. Le syndrome Coldplay n'est pas loin, mais leur spontanéité et leurs sourires font oublier toutes les fautes de goût.

Cascadeur en mode ULM

Comme dirait Goldman, il aura fallu veiller tard pour avoir la chance d'apercevoir Alexandre Longo sous son casque. Avec son deuxième album "Ghost surfer" sous le bras, il nous a balancé pendant une heure entre apesanteur et courant électrique, à la limite de la saturation parfois. Le début ressemble à une odyssée spatiale et nous fait directement penser à l'univers du "Bamby Galaxy" que Florent Marchet viendra défendre dans l'Orangerie d'ici quelques jours. On a parfois l'impression d'entendre le son d'un jeu vidéo mais, rapidement, l'alchimie fonctionne. Parce qu'il est un roi au piano et parce que ses musiciens, tous masqués, ont le sens du crescendo.

"Walker", le titre qui l 'a fait connaître arrive rapidement et ravi l'assistance. Pour le reste, Alexandre enchaîne surtout les morceaux du nouvel album, encore peu connus par les spectateurs vu les réactions un petit peu molles. À moins que l'heure tardive y soit pour quelque chose ?

Un album qui, à notre avis, est moins évident d'accès que le précédent, mais sans doute plus riche dans ses sonorités et ses collaborations. (Il réussit par exemple la gageure de nous accrocher à la voix de Christophe qui, jusque-là, nous avait toujours rebuté : un véritable exploit !)

 

Vers la fin du parcours, on se réjouit de retrouver le magnifique "Into the wild" qui ouvrait avec classe le premier disque un disque qui s'est fait trop rare ce vendredi soir, faute de temps. Cascadeur est donc un artiste à revoir, si possible dans des conditions plus intimistes.

Des concerts dans une ambiance cosy, c'est notamment ce que l'on vous proposera dans les prochains jours avec les prestations de Piers Faccini (lundi) et d'Emily Loizeau (mardi) au Grand salon. En attendant, vous pouvez suivre toute l'actualité des Nuits sur notre site. Vous êtes à la bonne adresse !

 

Bon festival !

 

François Colinet

 

Cats on trees sera en concert le 10 juillet aux Ardentes (Liège) et le 21 juillet aux Francofolies (Spa)