Les histoires du Jazz à Flagey

Flagey 75 ans
Flagey 75 ans - © Flagey

C’est de Jazz, en radio et à Flagey, qu’il est question aujourd’hui, vendredi 25 janvier, à l’occasion des 75 ans de Flagey. L’émission "Jazz" est étendue jusqu’à 20 heures, et ce sera bien insuffisant.

A peine le temps de se pencher, sans s’épancher, sur les liens étroits entre la RTB(F)- voire l’INR – et l’ancienne Maison de la Radio, qui continue aujourd’hui sa route, sous le nom de Flagey, toujours  avec une activité culturelle, englobant cinéma, musique classique et Jazz.

Avec Marc Danval, qui a presque l’âge du bâtiment (pardon, Marc), et une passion, une mémoire, un enthousiasme intacts, nous partirons sur les traces de l’Orchestre Jazz de Stan Brenders, mais aussi Jean Omer et Fud Candrix…

Tiens, à propos de ce prestigieux chef d’orchestre, saviez-vous que Benoît Quersin, un des plus grands contrebassistes du Jazz européen d’après-guerre, avait une formation de pianiste ? Jusqu’à ce qu’il rencontre son idôle, Fud Candrix. Il y avait bien une place dans l’orchestre, mais comme bassiste. On devine la suite.

Des anecdotes comme celle-là, il y en a beaucoup. Mais plutôt que se perdre dans les détails, nous esquisserons une histoire plus large, celle du Jazz que l’on faisait en direct dans les studios de la radio, à l’époque où les orchestres avaient encore la part du lion, bien vite remise en cause par les émissions " de disques ".

Il y avait aussi les concerts en clubs, en salles, parfois venus de l’étranger, relayés vers Flagey, comme le festival de Nice 1948, où les petits Belges, à peine sortis des rigueurs de la guerre, étonnent par leur maîtrise de la nouvelle musique, le bebop.

Et les voix de la radio, la garde rapprochée du Jazz sur les ondes : Carlos de Radtzitzky, Albert Bettonville, Raymond Casteels, Leo Souris, le tout jeunet Marc Danval, déjà.  Et tant d’autres.

Les modes ont changé, la diction, la musique aussi. De nouvelles générations ont su capter l’air du temps. Musicien bop respecté, Benoît Quersin fut ensuite passionné de Free Jazz. Ca ne lui a pas fait que des amis.

Marc Moulin, qui adorait le hard-bop, a suivi tout le développement des musiques populaires à partir des années 60, particulièrement la musique noire américaine : soul, rhythm’n’blues, funk. En les combinant avec le Jazz dans le prestigieux " Cap De Nuit ", puis " King Kong ", " Radio Crocodile ", il crée petit à petit un public réceptif aux deux, mais aussi à la littérature, aux idées, à la vie culturelle, voire contre-culturelle. Mais puisqu’il est question de Jazz, nous avons un document, où Marc Moulin, enthousiaste, commente un concert de Keith Jarrett au… Pol’s Jazz Club en 1969. A suivre sur les ondes. La radio retourne pour un jour au bâtiment où tant de choses sepassèrent.

Emission spéciale en direct de Flagey, avec  Marc Danval et Philippe Baron sur Musiq3, vendredi 25 janvier 2013, de 18 à 20 heures.

Philippe Baron