Les derniers pour la route du lundi 20 mai

Thierry Bellefroid, Michel Dufranne et Julie Huon
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Thierry Bellefroid, Michel Dufranne et Julie Huon - © Tous droits réservés

On s'en jette un derrière la cravate? Et pourquoi, un d'ailleurs? Et pas neuf ?

Ils sont neuf. Neuf bouquins prêts à être dévorés des yeux et feuilletés par vos blanches mains.

«Histoire d’Alice, qui ne pensait jamais à rien » de Francis Dannemark – Ed Robert Laffont

Paul a cinquante-six ans. Il vient de perdre sa mère. À son enterrement, il rencontre la soeur de celle-ci pour la première fois. Il ne connaît d'elle que son prénom, Alice. À soixante-treize ans, sa tante ne lui apparaît pas comme une vieille dame. Elle est séduisante, un peu mystérieuse et, surtout, pleine de vie et de fraîcheur. Elle invite son neveu à venir la voir à son hôtel et là, en face à face, elle va lui raconter son incroyable existence.
Alice fait partie de ces êtres rares qui ont vécu dix vies en une seule. Et s'il est vrai que tous les hommes sont mortels, les maris d'Alice le sont tout particulièrement : elle est veuve pas moins de huit fois !
 

«Les nigauds de l’oubli et autres aloperies » de Ilaria Gremizzi – Ed le Castor astral

c’est l’histoire de Lily qui a treize ans. Ou beaucoup plus. Elle vit dans un bled, quelque part en Italie, entre son père, Ronnie, coiffeur pour dames au bord de la faillite, et sa belle-mère, Jeanne, qui fait de son mieux, parfois. Sans l’arrivée de Franz Pelliccia, tueur à la retraite mais néanmoins en cavale, on n’aurait pas parié mille lires sur l’avenir de Lily. Et on ne se serait pas dit qu’on vit tous plus ou moins dans un bled, avec plus de questions que de réponses, avec des émotions incroyables qui nous mettent le cœur à l’envers, avec une si grande envie de comprendre un peu ce qui se passe et, surtout, d’aimer et d’être aimé, quoi qu’il arrive.

Les nigauds ? Une Italie profonde marquée par une folie douce et la griffe loufoque de Fellini ; une héroïne qu’on adopte immédiatement, décalages compris, pour sa fragilité et sa détermination ; un univers baroque et déglingué ; une langue qui enchantera les amateurs d’imprudences littéraires.

« Hieronymus Cock – la gravure à la renaissance» - Ed Fonds Mercator

Peintre et graveur, Hieronymus Cock (Anvers 1518-1570) fut un des premiers artistes du nord de l'Europe à créer, avec son épouse Volcxken Diericx, une maison d'édition d'estampes. Dès 1548, Aux Quatre Vents publia des centaines d'eaux-fortes et de gravures. Inspirées des fresques et des tableaux de Raphaël et de Bronzino, des ruines classiques et des sculptures antiques, mais aussi des dessins d'artistes septentrionaux comme Maarten van Heemskerck et Frans Floris, elles furent diffusées dans toute l'Europe, où elles contribuèrent à répandre les idéaux de beauté de la Renaissance. Ayant discerné le talent de Pieter Bruegel, Cock lui commanda une soixantaine de planches. De sa propre initiative, il réalisa également des gravures à partir des compositions monumentales et débordantes d'imagination de Jérôme Bosch. Les auteurs veulent rendre justice à l'esprit d'entreprise des protagonistes, tout en sensibilisant le lecteur au rôle capital joué par l'éditeur d'estampes dans l'histoire de l'art.

 

Florent Fourcart, « Le Peplum italien », Imho Ed

De 1945 à 1965, plus de 180 péplums sont réalisés en Italie. Parmi toutes ces aventures historiques ou mythologiques, beaucoup d'oeuvres mineures souvent très kitsch, mais aussi des trésors de mise en scène et d'esthétiques baroques signées Sergio Leone, Morio Bava ou Riccardo Freda. Si Hercule à la conquête de l'Atlantide ou Théodora, impératrice de Byzance n'ont pas obtenu la même renommée que leurs cousins hollywoodiens, cet âge d'or du péplum n'en reste pas moins l'un des moments les plus intéressants de la cinématographie populaire italienne d'après-guerre et porte en son sein les ferments du western spaghetti naissant.

Michel Jeury, « May le monde », Livre de Poche

May, dix ans, est peut-être en train de mourir. Le Dr Goldberg l’a envoyée dans la maison ronde, au milieu de la forêt, rejoindre Thomas et Lola, Nora et la docteure Anne, chargés de distraire les enfants malades. Et de leur apprendre le monde. Un monde qui ressemble au nôtre. Mais qui en est prodigieusement distinct et distant. Où tout est différent, subtilement ou violemment. Encore heureux qu'il y ait le changement, sans lequel la vie ne vaudrait pas d'être vécue. Et l'Extension, si vaste qu'elle cache peut-être ce que May nomme en langage grimm’s mondo paradisio.

Jean-Luc Bizien, « Justin Case #1 & #2 », Grün [Thriller Jeunesse]

Condamné à la peine capitale pour un double meurtre qu'il jure n'avoir pas commis, Lamar Dawson attend dans le couloir de la mort. Il ne peut plus compter que sur Justin Case pour prouver son innocence. Aidé de Sonny, Helena et Matthew, le jeune milliardaire dispose d'une semaine pour accomplir l'impossible. Mais qui, de la pègre ou des services secrets, détient la vérité ? Pour le découvrir, Justin devra se lancer dans une course contre la montre qui le mènera de sa tour de verre aux bas-fonds de Harlem ou sur la très chic Staten Island...

Le Mont Saint-Michel est dans la tourmente. D'étranges suicides et des disparitions se succèdent. La "sorcière" est à l'hôpital, dans le coma. Alexandre, son fils, a disparu. Et voilà que des hommes en armes se pressent aux portes de la Merveille. Qui sont-ils ? Une secte ? Une organisation terroriste ? Que poursuivent ces tueurs que rien ne semble pouvoir arrêter ? Justin et ses compagnons parviendront-ils à éviter au garçon une fin tragique et à innocenter sa mère ? Le compte à rebours est lancé, sous le regard de l'archange.

«Kilomètres conteurs » de Hubert Lauth – Ed Robert Laffont


Un savoureux récit sur les routes de l'Hexagone dont le héros est une auto et le lecteur son passager.
C'est à bord d'une ID – à qui l'auteur donne une âme – que l'on embarque pour des pérégrinations dont la voiture devient le guide stimulant. La fameuse ID, soeur jumelle de la DS, a vu le jour dans les années 50. Originale voire révolutionnaire pour l'époque, elle est restée chère à bien des coeurs et fait partie de notre inconscient collectif. Le lecteur suit son regard, partage ses ressentis, ses émotions, ses rencontres et même ses rêves. Avec elle, il prend la tangente pour un Tour de France à la découverte de ces petites choses ou de ces évènements minuscules qui habitent les parcours et que l'on croyait disparus ou que l'on pensait avoir oubliés. On traverse ainsi montagnes, plaines, forêts et campagnes pour aller voir la mer. On découvre villes et villages, on prend le bac pour aller d'une rive à l'autre d'un fleuve, on file à vive allure sur les routes qui " s'enfoncent, émergent, respirent, déferlent, se croisent et s'entrecroisent puis disparaissent ".
Les Dames de France des centres-villes, les places des jours de marché, les fêtes de villages, les sites touristiques et leurs hôtels avec vue panoramique, un mariage dans la grande ville, des ébats amoureux dans l'habitacle de l'I.D... Autant d'instants volés et de lieux surprenants qu'Hubert Lauth retranscrit avec justesse et poésie.
Et lors de ce joli périple, il y a des rencontres improbables avec Guillaume Le Conquérant, Gérard Philipe, le Général et Yvonne, mais surtout Jean Jaurès, que l'ID rêve de prendre en stop.
Au fil des pages, la route est si belle, les découvertes et les rencontres si inattendues que l'on ne peut trouver le temps long, et on craint à tout instant de s'arrêter ou que le voyage ne se termine. Avec cette ID douée pour le voyage, si sympathique, et la plume alerte de l'auteur, on avale les kilomètres avec joie, on est dans notre lecture en roue libre comme poussé par le vent.

 

« Les tribulations d’une cuisinière anglaise » de Margaret Powell – Ed Payot

Dans l'Angleterre du début des années 1920, la jeune Margaret rêve d'être institutrice, mais elle est issue d'un milieu modeste et doit "entrer en condition". De fille de cuisine, elle devient rapidement cuisinière, un titre envié parmi les gens de maison. Confinée au sous-sol de l'aube à la nuit, elle n'en est pas moins au service de ceux qu'on appelle "Eux", des patrons qui ne supporteraient pas de se voir remettre une lettre par un domestique autrement que sur un plateau d'argent.
Elle saura leur tenir tête et rendra souvent son tablier pour améliorer ses conditions de travail, jusqu'à ce qu'elle trouve enfin, sinon le prince charmant, du moins le mari qui l'emmènera loin des cuisines des maîtres.
Grâce à son franc-parler aux antipodes des récits de domestiques anglais trop parfaits, ce témoignage paru en 1968 a valu la célébrité à Margaret Powell (1907-1984). Quarante plus tard, il a inspiré le scénariste de Downton Abbey.

 

« Duchesse à l’anglaise» de Deborah Devonshire – Ed Payot

Pas facile de se tailler une place quand on est en Angleterre la plus jeune des excentriques soeurs Mitford ! L'aînée, Nancy, la romancière, fut amoureuse d'un gaulliste, la deuxième des animaux et la quatrième d'Hitler ; la troisième se convertit au fascisme et la cinquième au communisme. La petite dernière épousa un cadet de famille qui devint contre toute attente onzième duc de Devonshire. Le couple s'établit à Chatsworth, ce "Versailles anglais" auquel Deborah redonna vie et qui fut sans doute son plus grand amour.
Devenue veuve, elle a attendu pour publier ses mémoires de déménager dans un presbytère et de fêter ses quatre-vingt-dix ans. Parente de Churchill et du président Kennedy, la "duchesse douairière" distille l'humour Mitford dans une galerie de portraits qui, sur près d'un siècle, nous promène de son poulailler jusqu'au champ de courses d'Ascot. Avec la perspicacité d'une Jane Austen déguisée en Miss Marple, Deborah Devonshire fait plus que nous raconter sa vie : elle nous explique les bonnes moeurs de l'aristocratie britattnique... et comment les transgresser.