Les "derniers pour la route" de ce mardi 5 juin

Bernrad Yerlès, Michel Dufranne et Gorian Delpâture
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Bernrad Yerlès, Michel Dufranne et Gorian Delpâture - © Tous droits réservés

Les dernières propositions de lecture de la saison...

"Les écofictions " de Christian Chelebourg – Ed Les impressions nouvelles

Pollution, réchauffement climatique, catastrophes naturelles, épidémies, manipulations génétiques font partie de notre quotidien, engendrant une culpabilité et des angoisses dont nous avons de plus en plus de mal à nous défaire. Les fictions, littérature et cinéma en tête, exploitent ces nouvelles peurs, réactivant d anciens mythes et créant de nouveaux. À la lumière de plus de deux cents romans, films, bandes dessinées, documentaires, essais ou publicités, Christian Chelebourg démonte pour notre plus grand plaisir les mécanismes de ces écofictions qui nous divertissent autant qu elles nous effraient, qui nous invitent à méditer sur notre fragilité autant qu elles nous persuadent de notre puissance.

"Les magnifiques :Une autre histoire de la chanson française " de Nicolas Crousse – Ed Flammarion

Ils s'appellent Ferrat, Montand, Barbara, Brel, Reggiani, Aznavour, Ferré, Gainsbourg, Gréco... Rien ne les rassemble, sinon la musique. Une formidable envie de chanter. Et la nécessité de s'épancher dans des cabarets de fortune, qui, dès la Libération, sortent de terre comme des champignons. Ils se croisent alors. Apprennent à se connaître. S'aiment, se fâchent, mesurent leurs talents. Et ne caressent qu'un rêve: faire entendre leur voix. Ils ne sont pas à la mode. Ne font ni dans la chanson de crooner, ni dans les numéros de distraction. Non: ils racontent le mal de vivre. Chantent les poètes maudits. Fraient avec l'existentialisme. Libèrent les moeurs. Se rnêlent de politique. Surtout, ont de drôles de gueules. Tout en leur défaveur ! Et pourtant, ce sont les mêmes qui vont devenir beaux, puissants de charisme, atteints par le panache. Ovationnés par des salles debout. Et bientôt intronisés de leur vivant "monstres sacrés". Les Magnifiques livre le portrait de cette authentique famille, artistique autant qu'humaine.

"Concours Reine Elisabeth – Scènes et coulisses" de Nicolas Blanmont – Ed. Versant Sud

Un homme qui regarde à travers le judas d’une porte. Méfiance ?

Nullement. Mohammed Chouri, longtemps régisseur au Palais des Beaux-Arts et figure bien connue du monde musical belge, vérifie simplement quand le prochain candidat du Concours Reine Elisabeth pourra monter sur scène.

Car derrière ce que l’on sait et voit de la célèbre compétition musicale, il y a aussi toute une vie, une organisation, des histoires que l’on connaît moins. Scènes et coulisses, voilà ce que le livre de Nicolas Blanmont proposent d’explorer.

Le Concours Reine Elisabeth est, dit-on, le plus prestigieux des concours musicaux. Est-ce vrai ? Repartant de sa création sous le nom de Concours Eugène Ysaÿe en 1937, ce livre raconte l’histoire, mais explique aussi le présent de la fameuse compétition qui, chaque mois de mai, passionne la Belgique.

Violon, piano et chant : toutes les sessions sont-elles d’un même niveau ? Quel est le rôle de la famille royale ? Comment vivent les douze finalistes à la Chapelle ? Pourquoi un tel retentissement médiatique ? Que sont devenus les gagnants des éditions précédentes ? Et que sont devenus… les concertos imposés et leurs compositeurs ?

Observateur de la scène mais aussi des coulisses, Nicolas Blanmont répond à tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Reine Elisabeth.

Journaliste à La Libre Belgique et animateur à la RTBF, Nicolas Blanmont suit chaque session du Concours Reine Elisabeth depuis 1987, et en assure la présentation à la télévision depuis 1997.

"Victor Horta : 1861-1947" de Michèle Goslar – Ed Fonds Mercator

Victor Horta est un nom qui résonne à nos oreilles. Il est connu non seulement des historiens de lart et des architectes mais également du grand public, ne fut-ce que parce quun billet de banque lui fut consacré.

Larchitecture du XXe siècle fut marquée par lempreinte du célèbre architecte belge. La maison quil a construite pour Emile Tassel à Bruxelles est souvent considérée comme la première habitation art nouveau. Il ouvrit ainsi la voie à une nouvelle architecture définie, entre autres, par une rénovation irrépressible.

A travers cet ouvrage, richement illustré, Michèle Goslar nous livre une image unique de Victor Horta perçu à travers ses constructions et sa vie privée et met ainsi en lumière le caractère peu connu de larchitecte.

La publication présentera de façon chronologique la vie et luvre de ce génie de larchitecture que fut Victor Horta. Six cent illustrations viendront enrichir le texte et offriront au lecteur une découverte exceptionnelle de son art et de son existence. Bien quil sagisse dune biographie, cet ouvrage traitera aussi de nouvelles données en histoire de lart et en architecture.

Cette biographie ne donne pas seulement, pour la première fois, un aperçu très complet des réalisations d'Horta. Elle offre au lecteur attentif un regard sur sa vie dont seuls des fragments étaient connus jusquà présent. Il sagit dune plus-value bien réelle car elle conduit à une lecture correcte de son uvre. Mon étoile était pâlie, mais pas mon architecture, je pense, ainsi que Horta, de retour à la rédaction de ses Mémoires, en 1939, le constatait avec des sentiments mêlés. Et, dans les faits, son architecture nest pas du tout réduite à une note en bas de page dans lhistoire, tout au contraire. Depuis lan 2000, quatre de ses hôtels particuliers Tassel, Solvay, Van Eetvelde et sa propre maison - ont été inscrits au patrimoine de lhumanité dans la liste de lUnesco. Cet hommage implique déjà en soi le rallumage de létoile Horta au firmament. Cette biographie lui restitue toute sa lumière.

L’étranger » d’Albert Camus / José Muñoz (illustrations) – Ed Futuropolis - Gallimard

Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile : Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier. L'asile de vieillards est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d'Alger, je prendrai l'autobus à 2 heures et j'arriverai dans l'après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. J'ai demandé deux jours de congé à mon patron et il ne pouvait pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais il n'avait pas l'air content. Je lui ai même dit: "Ce n'est pas de ma faute." Il n'a pas répondu. J'ai pensé alors que je n'aurais pas dû lui dire cela. En somme, je n'avais pas à m'excuser. C'était plutôt à lui de me présenter ses condoléances. Mais il le fera sans doute après-demain, quand il me verra en deuil. Pour le moment, c'est un peu comme si maman n'était pas morte. Après l'enterrement, au contraire, ce sera une affaire classée et tout aura revêtu une allure plus officielle. J'ai pris l'autobus à 2 heures. Il faisait très chaud.

"Couleur de peau : Miel " de Jung – Ed Quadrants

Je savais bien que je n'étais pas japonais. Mais quand je me regardais dans un miroir, je ne me sentais pas belge non plus ! Je voyais un coréen. C'était inéluctable. Et ça ne me rappelait pas de bons souvenirs...

"Cowboy Angels" de Paul Mc Auley – Ed. Le livre de poche

1966. Sous la présidence de Nixon, les États-Unis ouvrent des " portes de Turing " sur des univers parallèles : là, l’Amérique est communiste ; ailleurs, elle a été envahie par diverses puissances. Autant d’uchronies. L’Amérique de ce Nixon, la Réelle, impose à ces versions sa conception musclée de la démocratie avec les Cowboy Angels, suivis par des expéditions militaires. Jimmy Carter, élu, décrète la paix. Toutes les forces sont rapatriées sur la Réelle, et les Cowboy Angels mis à la retraite. Adam Stone, un vétéran, est rappelé : un autre vétéran, Tom, est accusé d’avoir assassiné dans six univers différents six versions d'une mathématicienne spécialisée dans les portes de Turing. Pourquoi ? Dans ce thriller étourdissant, Paul McAuley mêle uchronies, univers parallèles, voyages dans le temps et action débridée. Un road movie d'une violence extrême, qui traverse plusieurs versions de l'Amérique.

"La soif primordiale" de Pablo de Santis – Ed. Métailié

Dans la Buenos Aires des années 50, à l'ombre de la dictature, Santiago, un jeune provincial réparateur de machines à écrire, se retrouve par hasard responsable de la rubrique ésotérique du journal où il travaille et informateur du ministère de l'Occulte, organisme officiel chargé de la recherche sur ces thèmes et les vérités qu'ils recouvrent. Malgré son scepticisme à l'égard du surnaturel, Santiago assiste à une rencontre de spécialistes des superstitions, y est témoin d'un meurtre et mis en contact avec "les antiquaires", des êtres extraordinaires qui vivent dans la pénombre entourés d'objets anciens, vendent de vieux livres et sont la proie d'une soif primordiale, celle du sang. Le hasard ou le destin, mais surtout un étrange amour, puissant et troublant, amènera Santiago à ne plus résister à cette soif et il devra alors chercher à survivre, peut-être pour l'éternité, dans un monde hostile.

"Le diable tout le temps" de D.R. Pollock -Ed.Albin Michel

Dès les premières lignes, Donald Ray Pollock nous entraîne dans une odyssée inoubliable, dont on ne sort pas indemne.  – De l’Ohio à la Virginie-Occidentale, de la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 60, les destins de plusieurs personnages se mêlent et s’entrechoquent. Williard Russell, rescapé de l’enfer du Pacifique, revient au pays hanté par des visions d’horreur. Lorsque sa femme Charlotte tombe gravement malade, il est prêt à tout pour la sauver, même s’il ne doit rien épargner à son fils, Arvin.  – Carl et Sandy Henderson forment un couple étrange qui écume les routes et enlève de jeunes auto-stoppeurs qui connaîtront un sort funeste.  – Roy, un prédicateur convaincu qu’il a le pouvoir de réveiller les morts, et son acolyte Théodore, un musicien en fauteuil roulant, vont de ville en ville, fuyant la loi et leur passé.  – Toute d’ombre et de lumière, la prose somptueuse de Pollock contraste avec les actes terribles de ses personnages violents et malgré tout attachants.  – "Le Diable, tout le temps" n’est pas sans rappeler l’univers d’écrivains tels que Flannery O’Connor, Jim Thompson ou Cormac Mc Carthy.  – " Voici un livre violent, obsédant, déchirant et vraiment excellent. Une chose est certaine : vous lirez chaque mot, du premier jusqu’au dernier. " The Washington Post – Originaire de l’Ohio, Donald Ray Pollock a été ouvrier pendant trente-deux ans dans une usine de pâte à papier avant de prendre le chemin de l’université et de se consacrer à l’écriture. Publié en 2008 aux États-Unis, son recueil de nouvelles, "Knockemstiff", a marqué l’avènement d’une voix majeure dans la littérature américaine. Son premier roman, "Le Diable, tout le temps", a été salué unanimement par la presse américaine et figure parmi les meilleurs livres de l’année 2011. Il est en cours de traduction dans une dizaine de langues.