Les "derniers pour la route" de ce lundi 3 octobre

« Je vous prête mes lunettes » - Anna Rozen - Ed. La Dilettante

Acte I : « Ploc » fait la goutte, tombant du plafond piqué de rouille. Et le mal d’entrer dans le monde, entendons l’appartement d’Anna Rozen, sujet désormais à un dégât des eaux. Et les mâles d’entrer dans la ronde (il s’agit d’une danse) : syndic agacé, peintres version cool ou balourds, experts pointus en goutte-qui-perle-au-plafond. Chassée de chez elle par la réfection, notre narratrice passe au cinéma où l’accoste un tousseur en manque de lien. Retour at hommes où la salle de bains prend des airs d’Éden, quand « Scroutch »... fait le bruit. Retour à la case angoisse.
Acte II : Qu’est-ce qu’elles ont toutes : la blonde en noir du RER, la fausse maigre en jersey. Elles sont là, toutes, à m’assaillir, à tenter de ravager, de séduire. Hantise, obsession, vertige : elle consulte. Une bête, une bête qui rôde dans les mystères du corps, telle est la cause de tout ce barouf intérieur. Ouf, le mal a un visage, et plus celui d’une goutte, celui d’un fennec mignon. Ledit intrus résistera-t-il à une mise à contribution très directe du médecin ? Oui. Allergologue, traitement, rien n’y fera. Et puis, après tout, ma bête, elle est moi, je me la garde.
Acte III : « Je n’aime rien mais j’aime bien la vie » nous dit l’homme agueusique, privé de sens du goût. Cela dit tous m’étouffent, tous ! Sauf peut-être Georges avec qui je me restaure une fois par semaine, et Bernard qui me fait les honneurs et le bilan de ses amours (et qui finira suicidé), et Annie chez qui je suis client et Florence, une vieille copine, et d’autres, d’autres encore, vus, entendus, croisés, frôlés. Lui, l’homme agueusique, au regard de « vieil or terne », il est pour toujours de l’autre côté de la vitre. En transit.
En trois temps, un petit périple dans le monde vu par le regard déformant d’Anna Rozen : « Je vous prête mes lunettes ? » Allons.




« Un enchantement » de Christian Durieux – Ed.Futuropolis

C'est une balade nocturne dans les allées désertées du plus grand musée du monde. C'est la rencontre improbable entre un vieux politicien et une jeune femme, le temps d'une nuit joyeuse et sereine, le temps d'une parenthèse volée. Fluide, léger et émouvant, Christian Durieux offre un album à l'égal de son titre: un véritable enchantement!


Exceptionnellement fermé au public ce soir-là, le musée du Louvre accueille une réception mondaine, donnée en l'honneur d'un homme politique qui quitte ses fonctions.
Ressentant cela comme un enterrement, celui-ci quitte discrètement la soirée, et s'éloigne, une bouteille dans chaque main, dans les salles voisines. Dans l'aile Sully, au salon Carré, il trouve une jeune femme assise sur un banc, face à La Vierge en majesté de Duccio, les mains devant les yeux... Que fait-elle là ? Pourquoi se cache-t-elle le visage ?
Il s'ensuit alors une nuit fantasque, entre séduction et érudition, humour et émotion, réflexions politiques et poésie.
Charmé tout autant que charmeur, le vieil homme tente de séduire cette muse vive, facétieuse, apaisante et évanescente qui l'accompagne pour son dernier soir.

 « La vieille dame du riad » de Fouad Laroui- Ed. Julliard

Comment partager son espace avec quelqu un qui vous est totalement étranger ? Telle est la question !
A travers cette fable tragi-comique, Fouad Laroui pose la question des rapports entre la France et le Maroc dans leurs dimensions historique, affective et culturelle.


Sur un coup de tête, François et Cécile lâchent tout à Paris pour aller s installer à Marrakech. Quel choc quand ils découvrent, dans une petite pièce au fond du riad qu ils viennent d acquérir, une vieille femme qui y semble installée de toute éternité. Ni l agence immobilière ni les anciens propriétaires ne sont en mesure de leur expliquer ce qu elle fait là. La femme est très vieille, paisible, parlant quelques mots d un dialecte que personne ne comprend et ne paraît absolument pas disposée à quitter les lieux. Cette présence dérangeante plonge le jeune couple dans le plus profond des embarras. Pétris de valeurs humanistes, ils ne savent comment gérer cette situation. Pas question de jeter à la rue une personne aussi fragile. Aucune institution n est prête à l accueillir. Impossible de retrouver sa famille. Comment aménager cette cohabitation ? La faire travailler contre le gîte et le couvert ?... mais pour faire quoi ?... La considérer comme une amie de la famille ? Mais ils n ont absolument rien en commun. Lui trouver une chambre en ville ? Impossible de la faire partir manu militari. Accomplir un acte charitable et l accueillir comme une SDF ? Se soumettre et accepter cette étrange situation ? Mais cette présence, aussi discrète soit-elle, reste une intrusion insupportable et un viol de l intimité de ce couple plein de bonnes intentions. Avec cette fable drôle et touchante, Fouad Laroui s interroge de façon faussement naïve sur les différences culturelles et leur difficile cohabitation.

“Midnight Movie” de Tobe Hooper - Ed. Michel Lafon



Un réalisateur de films d’horreur, nommé Tobe Hooper, assiste à la projection de son premier film lors d’un festival de seconde zone. Ce film « perdu », écrit et réalisé par Tobe lorsqu’il n’avait que quinze ans, n’a jamais été projeté en public, et lui-même n’en a aucun souvenir.

Mais très vite les spectateurs sont victimes de phénomènes étranges, effrayants, à la limite du surnaturel… Leurs amis sont eux aussi touchés. Et les amis de leurs amis… Le phénomène se propage à toute vitesse, et les cadavres s’accumulent dans l’Amérique entière. Tobe comprend alors que pour arrêter cette épidémie, il devra remonter aux origines de ce film maudit, un film qu’on n’aurait jamais dû projeter à minuit.



“Replay” de Ken Grimwood - Ed. Points

À 43 ans, Jeff Winston meurt subitement d'une crise cardiaque, laissant derrière lui une vie médiocre et un mariage à la dérive.
Quelle n'est pas sa stupeur lorsqu'il se réveille... dans sa chambre d'étudiant, âgé de 18 ans. Dans le passé, sa vie recommence comme avant. Sauf qu'il a gardé le souvenir de sa précédente existence...
Qui n'a jamais rêvé de pouvoir revivre son passé fort de son expérience d'aujourd'hui?