Les aventures de Jack Diamond, une porte ouverte sur la nostalgie

Les aventures de Jack Diamond
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Je vous parle d’un temps que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître. Un temps où les albums de bande dessinée n’avaient pas droit de cité, ou si peu, dans les librairies sérieuses, un temps où on ne s’adressait, au travers des magazines dessinés, nombreux et variés, qu’à un public jeune, un temps où on parlait peu, d’ailleurs, de bande dessinée, mais bien plus de " petits mickeys ".

Ces magazines (Spirou, Tintin, Vaillant et bien d’autres) mélangeaient dans leurs pages des histoires à suivre et des récits complets. Il y avait de l’humour, de la ligne claire à gogo, de l’école de Charleroi à tire-larigot, des aventures de guerre, des aviateurs, des policiers.

Il y avait aussi du western. Avec Jijé, bien entendu, et son fantastique Jerry Spring, duquel sont nés, en quelque sorte, Giraud, Hermann et tutti quanti. Mais aussi avec un personnage, qui lui ressemble quelque peu d’ailleurs, et dû aux talents conjugués de Liliane et Fred Funcken : Jack Diamond.

Personnage sans peur et sans reproche, aidé d’un personnage dont l’humour permet de pallier le trop de sérieux du héros, Jack Diamond se balade dans une Amérique où le bon droit a besoin de chevaliers tels que lui pour triompher. Et, bien évidemment, il croise des cow-boys hauts en couleurs, des vrais méchants, des faux gentils, et réussit toujours à s’en sortir avec intelligence et honneur.

 

Nous sommes loin, bien entendu, des scénarios qui, de nos jours, "osent" mettre en scène des personnages beaucoup moins lisses, "osent" s’aventurer dans la violence parfois la plus crue. Nous sommes loin, avec les Funcken, d’une bande dessinée adulte, c’est évident, et le côté quelque peu suranné des aventures de Jack Diamond n’échappera à personne.

 

Mais à l’heure où des milliers d’albums sortent des presses, chaque année, multipliant, c’est vrai, les bonnes surprises, mais aussi, et c’est tout aussi vrai, les nombreux ratages dont on se demande pourquoi on les a publiés, à l’heure d’aujourd’hui, donc, cela fait du bien de se replonger dans des histoires simples sans être simplettes, des histoires qui ont, à leur manière, porté la bande dessinée contemporaine sur ses fonds baptismaux.

Les éditions Hibou, dans cet ordre d’idée, conjuguent la nostalgie avec une véritable qualité. Jack Diamond côtoie Hermann, Piroton, Attanasio, et, ma foi, les Funcken sont loin de démériter !

 

Un peu de nostalgie, donc, tout au long de cet album. Mais une nostalgie qui nous fait découvrir qu’aucun art n’est immuable, et que c’est dans l’évolution que toute démarche artistique s’ouvre, non pas à la notoriété, ni au succès, mais à la simple et fondamentale existence !

 

C’est grâce aux Funcken et à leurs compères pionniers que la bande dessinée, petit à petit, est devenue ce média qui, aujourd’hui, est, selon l’expression consacrée, incontournable.

 

Alors, un peu de nostalgie, cela ne peut pas faire de mal ! Et que grâces soient rendues aux éditions Hibou pour la qualité exemplaire de leur travail de résurrection de certains dessinateurs qui ne méritent pas d’être oubliés.

 

Jacques Schraûwen

 

Les aventures de Jack Diamond (auteurs : Liliane et Fred Funcken – éditeur : Hibou)