Le saviez-vous : Léopold II était hypocondriaque

Le saviez-vous : Léopold II était hypocondriaque
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Le saviez-vous : Léopold II était hypocondriaque - © Capture d'écran Youtube

Alors que le masque est aujourd’hui présent sur tous les visages, au XIXe siècle, Léopold II lui réservait déjà une place importante dans son quotidien.

C’est avec l’âge que le deuxième roi de Belgique est devenu hypocondriaque. Cette crainte de la contagion avérée dès son jeune âge, Léopold II redoute les longs périples à l’étranger au beau milieu de régions moins salubres.

Parmi les nombreux microbes qui l’épouvantent, le rhume détient sans doute une place toute particulière et peut, selon lui, être évité avec un tant soit peu de précaution :"celui qui a un rhume est stupide, car il n’avait qu’à éviter d’être enrhumé" aurait-il déclaré. D’autres sources racontent même qu’il aurait été le premier à découvrir le caractère contagieux de cette infection.

La prévention, une histoire du quotidien

Il faut que Léopold II n’est pas la seule victime de cette anxiété excessive pour les maladies contagieuses. En effet, celui ou celle osant toussoter en sa présence se voit sortir sur-le-champ, y compris ses aides de camp passibles d’une sanction.

Pour éviter tout risque de contamination, le souverain ordonne notamment que le linge de table soit systématique bouilli avant chaque utilisation. Avant de tourner leurs pages, ses journaux doivent être repassés au fer chaud, pour soi-disant éviter le bruit insupportable du crissement de papier… Bien que cela puisse passer pour un manque d’égards envers ses interlocuteurs étrangers, Léopold II refuse même de porter des gants ou des bagues pour ne pas entraver la respiration de la peau.

Et même… un masque-à-barbe

Si le roi préfère se passer d’accessoires jugés antihygiéniques, d’autres, au contraire, sont indispensables à son quotidien : une perruque étanche et chaude pour recouvrir son crâne et un masque-à-barbe. En effet, le long de sa barbe blanche était parfois recouvert d’un sac imperméable conçu spécialement pour lui. Furieux pouvait-il être lorsqu’il était contraint de l’ôter pendant les cérémonies officielles qu’il présidait.

Un passage des Petites Histoires des Grands de Belgique raconte la stupéfaction de Blanche Delacroix, la maîtresse de Léopold II, en constatant son accoutrement lors d’une ballade dans le Bad Gastein, en Autriche :

"… quelle ne fut pas ma surprise de le voir sortir de sa calèche, gainé jusqu’aux hanches d’épaisses bottes, et le torse emprisonné dans un suroît que les marins endossent les jours de tempête. Et ce n’était pas du tout ! De son menton pendait une longue poche de toile cirée retenue par des cordons à son large chapeau de feutre.

Devant cet accoutrement je ne pus garder mon sérieux. J’éclatai de rire.

– Mais, me dit le Roi, je suis très satisfait de mon invention. Avec cette poche, la pluie peut tomber, je ne crains rien : ma barbe restera sèche. Vous riez, mais vous ne riez pas quand une femme, après s’être lavé les cheveux, les sèche et les enveloppe dans une serviette. Vous ne riez pas, et c’est pourtant la même chose. Les femmes en séchant leurs cheveux, et moi en garantissant ma barbe de la pluie, nous ne faisons que nous préserver des rhumes !"