Le saviez-vous : Darwin devait devenir prêtre

Charles Darwin (1809-1889)
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Charles Darwin (1809-1889) - © Capture d'écran Youtube

En novembre 1859, Charles Darwin publie une œuvre scientifique révolutionnaire, considérée comme le texte fondateur de sa théorie de l’évolution : "De l’origine des espèces". Bien que celle-ci vienne requestionner les fondamentaux de l’Eglise anglicane, Darwin aurait, avant de devenir un célèbre naturaliste, aspiré à une vie de pasteur.

 

Premiers pas dans la médecine

Le 12 février 1809 en Grande-Bretagne, à Shrewsbury, Charles Darwin naît dans un milieu aisé et intellectuel.

Avec un père et un grand-père médecins, diplômés de l’Université d’Edimbourg, c’est tout naturellement que le jeune Charles entame des études de médecine dans le même établissement. Dans "Zoonomia", son grand-père traitait d’ailleurs déjà de la "transmutation", terme de l’époque pour désigner l’évolution.

Les cours deviennent excessivement longs et ennuyeux pour notre étudiant de 16 ans qui pense à se réorienter. Effrayé à la vue du sang, il redoute les cours pratiques de chirurgie. Darwin n’oubliera d’ailleurs jamais, lors d’une de ces leçons, les hurlements d’un garçon attaché sur une table d’opération sans anesthésie.

Pasteur en devenir

Sous les bons conseils de son père, Charles opte finalement pour une vocation de pasteur et s’inscrit au Christ’s College de Cambridge en 1827. Dans son ouvrage consacré à Darwin et à la religion, Patrick Tort, historien des sciences français, reprend cette citation du naturaliste :

"L’idée me plaisait d’être curé de campagne. C’est pourquoi je lus attentivement "Pearson on the Creed" ("Ce que doit croire un pasteur") et quelques autres livres sur la divinité ; et comme je n’avais pas alors la plus petite ombre de doute quant à la vérité absolue et littérale de chaque mot de la Bible, je me persuadai bien vite que nos Principes devaient être pleinement acceptés."

Son diplôme en mathématiques, lettres et matières classiques lui permet ensuite d’accéder à une position respectable au sein de l’Eglise anglicane.

Au Christ’s College, Darwin suit les cours d’histoire naturelle du révérend John Stevens Henslow. Durant les leçons particulières de théologie, le professeur de botanique fait découvrir à son élève les écrits de William Paley. C’est surtout "Théologie naturelle ou Preuves de l’existence et des attributs de la divinité, tirées des apparences de la nature" qui finit par convaincre Charles de s’intéresser à la science.

De la carrière spirituelle à la théorie de l’évolution

Appelée par des contemporains "darwinisme", cette théorie suggère l’évolution biologique des espèces par la sélection naturelle et la concurrence vitale. Toutes les espèces, animales comme végétales ou même bactériennes, sont, en d’autres termes, en perpétuelle transformation. Cette évolution au cours des temps géologiques – milliers à millions d’années – provoque l’apparition de nouvelles espèces, mais aussi la disparition d’autres.

Cela va sans dire que, en introduisant la bestialisation des êtres humains, la théorie de l’évolution vient bousculer l’image humaine idéale créée par Dieu et véhiculée par l’Eglise en pleine époque victorienne.

Plusieurs biographes de Charles Darwin se sont alors posé la question : "Pourquoi un gentleman respecté a-t-il pris le risque énorme de faire accepter la théorie de l’évolution au XIXe siècle ?".

De crainte donc de perturber ses proches mais aussi, et surtout, l’establishment scientifique étroitement lié à l’Église anglicane, notre naturaliste reporte plusieurs fois la publication de son œuvre scientifique. Au total, plus de 20 années se seront écoulées entre les prémices de son concept d’évolution des espèces et la publication du texte "De l’origine des espèces".