Le choix des chroniqueurs du lundi 15 avril

Julie Huon et Michel Dufranne
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Julie Huon et Michel Dufranne - © Tous droits réservés

Exit la pure et dure! La littérature de genre se fait hybride et ce métissage lui va bien.

Quand la sociologie imprègne le roman noir, lorsque les faits réels rejoignent les archives judiciaires et le journal intime.. ça donne deux ouvrages qui s'ancrent entre réalité et fiction, deux coups de coeur que défendent les chroniqueurs avertis que sont Julie Huon et Michel Dufranne.

Kent Anderson - Pas de saison pour l'Enfer - 13e Note Editions

Kent Anderson, auteur du mythique Sympathy for the devil, est de retour avec un recueil inédit. Ce recueil foisonnant, mêlant fiction et " non-fiction", regroupe des chapitres inédits de ses romans, des articles et des récits de voyage. Ce matériau est présenté en trois grandes parties : Totems (nature writing, animaux, etc), Vietnam et Loi & hors-la-loi. Vétéran d’un Vietnam constitutif de son identité, Anderson y revient encore et toujours ; son écriture sombre est hantée par une violence extrême et les flash-backs de la guerre sont permanents. Avec une sincérité et une humanité rares, quel que soit le thème abordé – rassemblement de Hell’s Angels, convention de milices d’extrême droite, combat de coqs au Mexique, chasse au loup en Mongolie –, Anderson entraîne son lecteur dans des univers pleins de bruit et de fureur. À chaque instant, la mort menace. En attendant Green Sun, Pas de saison pour l’enfer peut être considéré comme le troisième volet des aventures de Hanson, alter ego de Kent Anderson, un quart de siècle après la parution du premier

"La déchéance de Mrs Robinson", par Kate Summerscale chez Christian Bourgois

En 1844, Isabella Walker épouse en secondes noces l'ingénieur Henry Robinson avec qui elle s'installe à Édimbourg. En 1850, elle rencontre Edward Lane, brillant étudiant en médecine. De dix ans son cadet, il est marié à la fille de Lady Drysdale, qui tient un salon où elle reçoit les intellectuels de l'époque. Au fil du temps, ils nouent une correspondance. Isabella s'éprend de lui et rend compte de cette passion dans son journal intime. Nul ne connaît la réelle teneur de leur relation, mais lorsque Henry découvre ces écrits, en 1855, il décide d'engager une procédure de divorce. S'ensuit un procès houleux devant la cour des Divorces, tribunal laïc créé quelques mois plus tôt. Dans la société victorienne régie par les hommes, la question de l'adultère féminin suscite en effet émotions et préjugés...