Le choix des chroniqueurs de ce lundi 17 octobre

"Retour à Killybegs" de Sorj Chalandon - Ed.Grasset  

Maintenant que tout est découvert, ils vont parler à ma place. L'IRA, les Britanniques, ma famille, mes proches, des journalistes que je n'ai même jamais rencontrés. Certains oseront vous expliquer pourquoi et comment j'en suis venu à trahir. Des livres seront peut-être écrits sur moi, et j'enrage. N'écoutez rien de ce qu'ils prétendront. Ne vous fiez pas à mes ennemis, encore moins à mes amis. Détournez-vous de ceux qui diront m'avoir connu. Personne n'a jamais été dans mon ventre, personne. Si je parle aujourd'hui, c'est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu'après moi, j'espère le silence.  

  

 "Refuge en Enfer : Comment l'Hôpital juif de Berlin a survécu au nazisme" de Daniel B. Silver - André Versailles Editeur  

Le 24 avril, des soldats russes prennent le contrôle du quartier Wedding et découvrent un bâtiment à peu près intact abritant plusieurs centaines de personnes - médecins, infirmières, malades, personnel non médical, et un groupe d'individus hétérogène. Un homme s'avance : "Ceci est l'hôpital juif. Nous sommes juifs" Les Russes sont incrédules, persuadés que tous les Juifs d'Allemagne étaient morts. C'est au cours d'un dîner mondain, à la fin des années 1970, que Daniel Silver, l'auteur de cet ouvrage, apprend l'incroyable histoire de la survie tout au long de la guerre, d'un hôpital juif à Berlin, qui abritait des centaines de Juifs. Sa curiosité piquée, le désir de comprendre les raisons de cette "anomalie" incite Silver à mener une enquête fouillée, appuyée sur des interviews de personnes ayant vécu ou travaillé toute ou une partie de la guerre dans l'enceinte de l'hôpital. Ces témoignages seront complétés et recoupés grâce notamment aux mémoires de Hilde Kahan, la secrétaire du médecin-chef de l'hôpital, le Dr Lustig. L'ouvrage passionnant s'articule autour de deux questions : comment cela a-t-il pu se passer ? Comment vivait-on en pareilles circonstances ?



  

"Votre fumée montera au ciel" de Joseph Bialot - Ed. L'Archipel  

Joseph Bialot est l'un des rares Français à avoir vécu la libération d'Auschwitz. Entre le 18 janvier 1945, début de l'évacuation du camp et des marches de la mort, et le 27 janvier, date de l'arrivée des Soviétiques, la vie - ou la mort - de milliers de déportés s'est jouée en Haute-Silésie.
Entre le départ des SS et l'arrivée des libérateurs, les prisonniers de l'enceinte concentrationnaire ont vécu un purgatoire indéfinissable, jamais oublié et qui permet à l'auteur de raconter « sa » déportation, copie conforme de celle de millions d'autres hommes et femmes, depuis le jour de 1944 où, à vingt ans, courant sous la menace d'une rafale de mitrailleuse, il a « cessé de faire partie du monde normal » pour revêtir une nouvelle peau : celle du déporté...
Après « soixante-cinq ans de fausse résurrection », Joseph Bialot évoque les six mois qu'il a passé à Auschwitz, mais aussi le réapprentissage de la vie, d'abord à Cracovie puis à Paris et, dans un long avant-propos, la « prolifération d'autres feux » depuis le jour de 1945 où les crématoires se sont éteints...